Edmund S. Phelps (1933 – )

Prix Nobel 2006 (Etats-Unis)

Edmund Strother Phelps est né le 26 juillet 1933 à Evanston (Etats-Unis). Alors qu’il nourrit une passion pour la philosophie, son père insiste pour qu'il suive des cours d'économie. C’est ainsi que Phelps obtient sa licence à l’Amherst College en 1955 puis soutient sa thèse de doctorat, dirigée par James Tobin, à l'Université Yale en 1959. Ces années de formation sont consacrées à l'analyse de la croissance économique, notamment à la Yale's Cowles Foundation. Dans les années 1960 et 1970, il rencontrera et travaillera avec Robert Solow, Paul Samuelson, Franco Modigliani, Amartya Sen, John Rawls, Thomas Schelling ou Kenneth Arrow. Ses réflexions sur la croissance le conduiront à formuler une "règle d'or de l'accumulation" utilisée dans les modèles de croissance de Solow.

Après un séjour à la Rand Corporation, à Los Angeles, un enseignement à Yale, un séjour d'un an au MIT et 5 ans à l'université de Pennsylvanie, il rejoint le département d’économie de l’université de Columbia (New York) en 1971 où il est nommé professeur de politique économique à la chaire McVickar en 1982.

Phelps est resté professeur d'économie politique à l'université de Columbia où il dirige le centre "Capitalisme et Société" qu’il a fondé en 2001. Au sein de ce centre de recherches, ses réflexions s’orientent vers l’analyse des formes du capitalisme et les différentes formes de "capital institutionnel" qui favorisent l'émergence d'entrepreneurs. Dans le cadre de cette réflexion, sa formation et son intérêt pour la philosophie morale sont à l'origine de fructueux échanges avec John Rawls et le conduisent à réfléchir sur la notion de justice sociale au sein du système capitaliste.

Le professeur Edmund S. Phelps est un économiste connu et reconnu aux Etats-Unis et à l'étranger. Il a reçu de nombreuses distinctions et est élu dans différentes Académies. Il fut en 1983, vice-président de l'American Economic Association. Phelps est docteur honoris causa de nombreuses universités américaines, chinoises ou européennes (universités de Rome, de Mannheim, Nova Lisbon, Paris-Dauphine, IEP de Paris, etc.). Il a été consultant dans des organisations internationales (FMI entre 1983 et 1985, Berd en 1990, l’OCDE en 1999) et la Banca d’Italia en 1985.

Pour certains économistes, Phelps est à l'origine de la refondation moderne de la macroéconomie (Jean-Paul Fitoussi) et de la microéconomie (Samuelson).

Le Nobel

Le 9 octobre 2006, Edmund S. Phelps a reçu le prix de la Banque de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel, pour "son analyse des arbitrages intertemporels dans les politiques macroéconomiques". Ses travaux ont permis "d'approfondir notre compréhension des relations entre effets à court terme et à long terme" et de "de changer notre façon de percevoir l'interaction entre inflation et chômage".

Le communiqué de l'Académie suédoise met donc en exergue sa contribution à l'analyse de l'arbitrage inflation-chômage, sa réflexion sur le taux de chômage et ses recherches sur les effets à long terme et à court terme des politiques économiques. Phelps a permis de comprendre que le taux de chômage de long terme n’est pas affecté par le niveau de l’inflation mais déterminé par le fonctionnement du marché du travail. Les politiques économiques, notamment les politiques de stabilisation, ne peuvent entraîner que des fluctuations de court terme du chômage. Le jury du Nobel a aussi souligné son importance dans les réflexions sur la croissance. Il est un des inventeurs de "la règle d'or de l'accumulation" et un des pionniers d'une analyse de la croissance qui souligne l'importance du capital physique et du capital humain (éducation, recherche) ainsi que la diffusion des technologies, pour augmenter la croissance et le bien-être des générations futures.

Les théories de la croissance

Depuis son article "The Golden Rule of Accumulation"(1961) sur la croissance optimale, Phelps est devenu une des figures de la macroéconomie. "La règle d'or de l'accumulation du capital", que Paul Samuelson nomme "la règle de Phelps", désigne une loi économique démontrée par Phelps après avoir été décrite en France par Maurice Allais et François Desroussseaux.

Dans le cadre du modèle de croissance de Solow, la règle d'or consiste à déterminer le taux d'épargne associé au capital par tête qui permet la plus grande consommation par tête à chaque instant. En effet, si l'épargne est nulle, il n'y a pas d'investissement et le capital usé ou obsolète n'est pas remplacé. A l'inverse, si tous les revenus sont épargnés, la consommation est nulle et il n'y a pas d'incitation à investir. Entre ces deux situations extrêmes, il existe un niveau d'épargne qui maximise le niveau de consommation et donc le bien-être social. Selon Phelps, la consommation par tête est maximale lorsque le capital par tête est tel que la productivité marginale du capital est égale au taux de croissance démographique. Ce taux d'épargne conduit à une formation de capital où la productivité marginale est égale au taux de croissance de l'économie. La règle d'or s'écrit alors : productivité marginale du capital = taux de croissance de l'économie. Si l'on suppose que le taux d'intérêt réel est donné par la productivité marginale du capital, la règle d'or devient : taux d'intérêt réel = taux de croissance de l'économie.

La règle d'or de l'accumulation permet un partage optimal entre la consommation et l'épargne à chaque période, d'où sa reformulation en terme économique et éthique : la règle d'or permet de maximiser la croissance économique en favorisant une solidarité intergénérationnelle, car la croissance de la consommation est régulière pour toutes les générations.

De manière plus large, Phelps a proposé une théorie de la croissance de long terme fondée sur l'éducation et la diffusion du progrès technique qui sera développée par les théories de la croissance endogène. Pour lui, l'économie de marché capitaliste est tournée vers l'acquisition de savoir. Ainsi, une théorie économique moderne doit théoriser la création continue de savoirs et les flux d’innovation.

De la courbe de Phillips au NAIRU

L'économiste A. Phillips ("The relationship between unemployment and the rate of change of money wages in the UK 1861-1957", A. W. H. Phillips, Economica, 1958) a mis en avant une relation négative entre la hausse du taux des salaires nominaux et le taux de chômage pour l'Angleterre entre 1861 et 1957. R.G Lipsey transforme cette "conclusion provisoire" en une relation inverse et stable entre le taux d'inflation et le taux de chômage et en donne un fondement microéconomique (ajustement des prix sur un marché en déséquilibre). Cette analyse offre ainsi des fondements théoriques à une politique économique qui peut donc arbitrer (trade off) entre deux maux, l'inflation et le chômage. Ainsi, l'inflation apparaît comme le prix à payer pour faire baisser le chômage. Cette relation offre aussi une "équation manquante" aux modèles économiques keynésiens de type IS-LM.

Milton Friedman et Edmund Phelps (1967) partiront de l'analyse critique de cette relation pour élaborer le concept de taux de chômage naturel, soit le niveau de chômage vers lequel tend une économie à l'équilibre. Pour Phelps, il est important de pouvoir présenter un taux de chômage non nul comme un état naturel. Ce niveau de chômage a une certaine inertie, d'ou un effet d'hystérèse, car il dépend des trajectoires passées, des structures de l'économie, des préférences des agents.

Séparément, Friedman et Phelps présentent la "courbe de Phillips" comme un phénomène transitoire lié à des erreurs d'anticipation. D'où la reformulation d'une "courbe de Phillips augmentée des anticipations". Cette analyse a trois grandes conséquences :

  • graphique : la courbe de Phillips présente une pente négative à court terme et devient verticale à long terme ;
  • pour la politique économique : il y a une impossibilité d'arbitrage entre inflation et chômage. En effet, l'anticipation de l'inflation accroît les revendications salariales ;
  • théoriques : l'inflation et le chômage ont des déterminants totalement différents. Phelps n'est pas satisfait par l'explication keynésienne traditionnelle qui postule qu'un choc, nominal ou réel, peut être à l'origine d'une baisse du chômage grâce à ses effets monétaires. De plus, le chômage a des déterminants réels, comme le niveau des salaires réels, l'efficacité du processus de recherche d'emploi, etc. Les modèles macroéconomiques doivent donc expliquer le maintien du chômage autour d’un niveau "naturel".

Alors que Friedman privilégie le concept de taux naturel du chômage, qu'il pense comme un taux d'équilibre sur le marché du travail, Phelps préfère utiliser le concept de Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment (NAIRU) pour décrire un taux de chômage compatible avec une inflation stable. Le NAIRU est un taux de chômage qui assure un lien ente le salaire souhaité par le salarié et le salaire déterminé par la productivité du travail et les profits de l'entreprise. L'introduction du concept de NAIRU va justifier le changement d'approche pour la politique économique. En effet, comme le niveau du NAIRU dépend des structures du marché du travail, seule une plus grande flexibilité sur ce marché est susceptible de diminuer le niveau de chômage. A l'inverse, l'intervention des pouvoirs publics ou celle des syndicats l'augmente. Le taux de chômage dépend donc des règles du marché du travail, des transformations structurelles, et non de la politique économique conjoncturelle.

Le marché du travail : un apport riche et fécond

Phelps démontre que le salaire n'est pas qu'une simple variable d'ajustement sur un marché. Ses recherches permettent de souligner que les entreprises comme les salariés ne restent pas inertes. Les premières disposent d'un pouvoir de monopsone, elles peuvent offrir des salaires supérieurs à ceux de leurs concurrents ; les seconds font des anticipations et se déplacent. Il élabore ainsi des modèles (qu'il qualifie de "proto-modèles") qui doivent nous permettrent de mieux analyser les formes contemporaines du chômage.

Le  modèle de "démission" (turn-over model ou quitting model) postule que les entreprises font des efforts pour garder leurs salariés. En effet, les démissions ont un coût (coût d'embauche, coût de formation, etc.) d'où l'incitation à proposer des salaires plus élevés que le prix du marché. Ces hauts salaires ne permettent pas un équilibre sur le marché du travail. Ainsi, Phelps peut donner un fondement microéconomique au concept de chômage involontaire proposé par Keynes. Cette vision des relations de travail permet d'introduire le concept de salaire d'efficience. L'originalité de Phelps est aussi de souligner que les négociations salariales sont coûteuses pour les employeurs et employés et donc que les deux parties ont intérêt à signer des contrats de travail de longue durée. Ces contrats sont d'ailleurs souvent implicites.

Le modèle d'archipel (islands model) postule que les salariés qui ont un salaire trop bas sont incités à démissionner et à voyager, sur une autre île (une autre entreprise), pour chercher une meilleure rémunération. "J'ai trouvé instructif de décrire l'économie comme un ensemble d'îles, entre lesquelles les échanges d'information sont coûteux : pour connaître le salaire payé sur une île voisine, le travailleur doit passer une journée de voyage pour atteindre cette île et estimer le salaire au lieu de passer cette journée à travailler."

La notion de "connaissance imparfaite" (ou incertitude au sens de Knight) lui semble féconde. La connaissance imparfaite des opportunités d'emploi conduit les travailleurs à partir à la recherche d'information, à "changer d'île" pour évaluer les propositions alternatives. Cette approche permet une explication du chômage que Keynes dénommait frictionnel. Elle permet à Phelps de justifier la notion de chômage de recherche qui est une forme de chômage volontaire. On soulignera aussi qu'à la différence d'une perception walrasienne du marché, Phelps propose une vision spatiale du marché du travail.

Enfin, avec Sidney Winter, il propose un modèle du "marché de clientèle" (customer market) qui introduit la possibilité qu'un marché de produits présente une information imparfaite.

Le  modèle de "démission" offre une théorie du chômage involontaire, et le modèle d'archipel le cadre théorique d'un chômage volontaire. Les modèles de Phelps ne reposent pas sur les asymétries d'information, comme ceux de d'Akerlof, Spence ou Stiglitz, mais sur "l'ambiguïté d'information" et ils permettent que le chômage existe le long d'un sentier d'équilibre des anticipations. Enfin, pour Phelps, le traitement des anticipations de prix et de salaire dans ces modèles enrichit à la fois les théories de Keynes et de Friedman. Ainsi, il postule que la lenteur d'ajustement des entreprises s'explique moins par leurs anticipations (rationnelles ou non) que par la vitesse de leur réaction.

Un économiste inclassable

Phelps identifie sept écoles de pensée en macroéconomie mais il ne se rallie a aucune d’entre elles ! Il défend un pluralisme méthodologique d’où les différents classements (néolibéral, classique, keynésien et, le plus souvent, néo-keynésien) dont il est l’objet.

Phelps partage avec Keynes le désir d’analyser le fonctionnement des marchés en dehors de l'équilibre de concurrence pure et parfaite. De plus, comme Keynes, il prête une forte attention à l'incertitude dans les économies capitalistes. Ces choix théoriques conduisent donc à l'étiqueter comme un "néo-keynésien". En effet, il conteste l'existence d'un équilibre de type "classique" et, surtout, sa permanence et sa stabilité. De plus, il critique la prétention hégémonique de la théorie des anticipations rationnelles car "il n'existe aucune bonne raison de penser que, dans une économie où l'information est imparfaite, tous les agents utilisent le même modèle, sans même mentionner le modèle utilisé par l'analyste." La tâche des économistes reste pour lui d'étudier la complexité et la diversité des anticipations des agents. Enfin, il est "partisan d'une régulation" de l'économie et perçoit l'Etat-providence et les systèmes de protection sociale comme "une richesse collective".

Néanmoins, sa critique de la courbe de Phillips concomitante avec celle de Friedman, son scepticisme sur l'action des politiques keynésiennes traditionnelles, sa volonté de chercher les fondements  microéconomiques des relations macroéconomiques, notamment par une modélisation explicite des marchés, ainsi que certains de ses modèles avec un agent unique, sans problèmes d'imperfections de concurrence et sans problèmes de coordination, font qu'il est difficilement classable sous cette étiquette.

Phelps a une approche pluraliste. Il veut dépasser les frontières théoriques, méthodologiques et, parfois, mentales et routinières qui se sont imposées dans la discipline. Ainsi, il refuse d'opposer mécaniquement Keynes et Hayek ou Friedman, et de séparer la macro et microéconomie.

En effet, il se présente comme l'initiateur d'une "micro-macroéconomie" parce qu'il était "ennuyé dans les années 1960 par le manque d'explications concernant un des mécanismes principaux de la théorie keynésienne du chômage."

Il veut améliorer à la fois l'analyse de Keynes et de Friedman sur les anticipations, ne pas opposer "l'optimisme de Pigou" et "l'esprit animal" de Keynes, et veut relier J. Keynes et Hayek dans l'analyse macroéconomique.

Enfin, Phelps se déclare "structuraliste" et souligne l'importance de la dimension temporelle, notamment l'incertitude liée à la temporalité de la production et de l'échange marchand dans les économies capitalistes. Pour lui, les arbitrages intertemporels sont au cœur des stratégies des agents (ménages ou entreprises). S'il met davantage l'accent sur le rôle de l'entrepreneur que sur le concept de plein-emploi ou de politique économique, c'est qu'une de ses préoccupations est de modéliser l'économie de marché capitaliste, économie non-stationnaire, et de rendre compte des comportements des agents, de la formation de leurs anticipations, de leur croyances. Dans cet esprit, les réflexions d'Hayek, de Pigou, de Keynes, de Friedman mais aussi de Knight et de Schumpeter sont essentielles pour "une compréhension de l'économie entrepreneuriale".

Un économiste dans les débats américains et européens

Phelps est impliqué dans débats tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Il fut d'ailleurs un des conseillers du projet "Italy in Europe" et membre de l’OFCE à Paris.

Le lendemain de l’attribution du prix Nobel, il a critiqué, dans un article intitulé "Dynamic Capitalism Entrepreneurship", le capitalisme européen pour son corporatisme et défendu l’efficacité et le caractère "juste" du système capitaliste anglo-saxon. Les pays de l’Union européenne, et la France en particulier, se caractérisent pour lui par un manque "d’esprit d’entreprise". Cette position s'explique par sa vision du travail ; contrairement à une approche corporatiste et monétaire, Phelps défend qu'un emploi n’est pas seulement un revenu monétaire et des droits sociaux, c’est aussi un "esprit" qui doit favoriser "l'échange créatif".

Il avait déjà pointé le fait que "les Européens ne croient plus au travail comme moyen d'épanouissement." Il faisait particulièrement référence aux Français pour leur manque de motivation au travail et à l'innovation. Ce constat sans nuance, basé sur l'analyse d'indicateurs annuels de l'Université du Michigan sur la perception du travail, s'explique par "la montée de l'individualisme, du matérialisme et du communautarisme". Il invitait alors les gouvernements des pays d'Europe continentale à réformer leur Code du travail et le droit des sociétés et les ministères de l'Education à populariser les œuvres de Cervantes ou de Thorstein Veblen… pour leur célébration du travail et la créativité.

Dans une lettre ouverte au Premier ministre britannique Gordon Brown, Phelps a demandé aux participants du G20 réunis à Londres en avril 2009 de ne pas "désamorcer les incitations et la concurrence" afin de ne pas affaiblir le dynamisme économique. La priorité, même en période de crise, doit rester l'encouragement à l'esprit d'entreprise. S'il dénonce le "démantèlement excessif du système de réglementation de la fin des années 1990 et du début des années 2000", Phelps n'en appelle pas moins à "démocratiser la finance" car la crise peut être l'occasion de développer des marchés financiers en direction du grand public. Face à l'échec d'une concentration financière qui s'est avérée inefficace et trop spéculative, la réglementation doit être harmonisée au niveau international dans les domaines des ratios de solvabilité et des normes comptables. Il précise aussi qu'il faut repenser le périmètre d'activité des banques. Dans ce contexte, les "banques de proximité" lui apparaissent comme les seules aptes à offrir une intermédiation efficace surtout si la séparation des activités est forte entre banques commerciales et banques d'investissement. Enfin, l'"économie de la connaissance imparfaite" doit fournir le cadre théorique pour l'intervention politique sur les marchés d'actifs (régulation des activités, gestion du risque financier systémique). Pour Phelps, plus que le régulateur, le marché reste le meilleur outil pour fixer les prix même si son action est imparfaite à cause des fluctuations excessives et des coûts sociaux élevés. L'action du régulateur doit se contenter de proposer des mesures ou des seuils (fourchettes de cours, de marges, etc.) pour limiter la volatilité et non se substituer au marché.

Aux Etats-Unis, il critique le "plan Paulson" de reprise des actifs toxiques car le gouvernement américain doit privilégier la recapitalisation directe des banques. De plus, c'est aux banques de décider quel montant de capital elles souhaitent recevoir de la part du gouvernement en échange d'actions préférentielles. Pour lui, le Trésor américain doit s'inspirer de l'expérience suédoise des années 1990, c’est-à-dire se concentrer et renforcer les institutions financières les plus solides.

Il conteste aussi le projet de régulation financière proposé par l'administration Obama en juin 2009 car la Réserve fédérale américaine ne doit pas contrôler le système bancaire. La réponse la plus efficace à la crise doit se concentrer sur la gouvernance des entreprises et le financement de l'innovation. Ainsi, pour Phelps, il faut relier la rémunération des hauts dirigeants de l'industrie financière, notamment leur bonus, à la  performance à long terme de l'entreprise. Enfin, l'aide fédérale doit être recentrée vers les jeunes entreprises et les fonds d'Etat investis dans les entreprises innovantes et non vers les subventions à l'agriculture, l'aide à l'accession à la propriété immobilière ou aux exportations.

Principales publications

Articles
Phelps, E. S. (1961), “The Golden Rule of Accumulation: A Fable for Growthmen”, American Economic Review, Vol. 51, 638-643
Phelps, E. S. (1962), “The Accumulation of Risky Capital: A Sequential Utility Analysis”, Econometrica, Vol. 30, 729-743
Phelps, E. S. (1965), “Second Essay on the Golden Rule of Accumulation”, American Economic Review, Vol. 55, 793-814
Phelps, E. S. (1966a), “Golden Rules of Economic Growth”, New York: W.W. Norton
Phelps, E. S. (1966b), “Models of Technical Progress and the Golden Rule of Research”, Review of Economic Studies, Vol. 33, 133-145
Phelps, E. S. (1967), “Phillips Curves, Expectations of Inflation and Optimal Unemployment over Time”, Economica, Vol. 34, 254-281
Phelps, E. S. (1968a), “Money-Wage Dynamics and Labor-Market Equilibrium”, Journal of Political Economy, Vol. 76, 678-711
Phelps, E. S. (1968b), “Population Increase”, Canadian Journal of Economics, Vol. 35, 497-518
Phelps, E. S. (1969), “The New Microeconomics in Inflation and Employment Theory”, American Economic Review: Papers and Proceedings, Vol. 59, 147-160
Phelps, E. S. et al. (1970a), “Microeconomic Foundations of Employment and Inflation Theory”, New York: W.W. Norton
Phelps, E. S. (1970b), “Money-Wage Dynamics and Labor-Market Equilibrium”, in E. S Phelps et al., Microeconomic Foundations of Employment and Inflation Theory, New York: Norton
Phelps, E. S. (1972a), “Inflation Policy and Unemployment Theory”, New York: Norton
Phelps, E. S. (1972b), “The Statistical Theory of Racism and Sexism”, American Economic Review, Vol. 62, 659-661
Phelps, E. S. (1973a), “Taxation of Wage Income for Economic Justice”, Quarterly Journal o Economics, Vol. 87, 331-354
Phelps, E. S. (1973b), “Inflation in the Theory of Public Finance”, Swedish Journal of Economics, Vol. 75, 67-82.
Phelps, E. S. (1978a), “Disinflation without Recession: Adaptive Guideposts and Monetary Policy”, Weltwirtschaftliches Archiv, Vol. 100, 239-265
Phelps, E. S. (1978b), “Inflation Planning Reconsidered”, Economica, Vol. 45, 109-123
Phelps, E. S. (1983), “The Trouble with Rational Expectations and the Problem of Inflation Stabilization”, in R. Frydman and E. S. Phelps (eds.), Individual Forecasting and Aggregate Outcomes:'Rational Expectations' Examined, Cambridge: Cambridge University Press
Phelps, E. S. (1994), “Structural Slumps: The Modern Equilibrium Theory of Employment, Interest and Assets”, Cambridge, MA: Harvard University Press
Phelps, E. S., and R. A. Pollak (1968), “On Second-Best National Saving and Game-Equilibrium Growth”, Review of Economic Studies, Vol. 35, 185-199
Phelps, E. S., and J. Riley (1978), “Rawlsian Growth: Dynamic Programming of Capital Wealth for Intergeneration 'Maximin' Justice”, Review of Economic Studies, Vol. 45, 103-120
Phelps, E. S. and J. B. Taylor (1977), “Stabilizing Powers of Monetary Policy under Rational Expectations”, Journal of Political Economy, Vol. 85, 163-190
Phelps, E. S. and S. G. Winter (1970), “Optimal Price Policy under Atomistic Competition”, in Phelps E.S. et al., Microeconomic Foundations of Employment and Inflation Theory, New York, Norton