Les résultats de l'enquête Emploi de l'INSEE montrent combien la réussite scolaire continue de peser lourdement sur la réussite sociale et professionnelle future.
Les jeunes quittant l'école sans diplôme ont été les premiers touchés par la montée du chômage depuis la fin des années 70. En 2002, la 1/2 seulement des jeunes sans qualification avait un emploi contre 4/5 des titulaires d'un CAP, d'un BEP ou d'un baccalauréat. Les jeunes diplômés, dont la situation s'était dégradée de 1993 à 1997, ont été les premiers à bénéficier des effets de la reprise économique, également favorable aux moins diplômés en 2000 et 2001, avant la nouvelle dégradation intervenue en 2002.
Les jeunes diplômés de l'enseignement supérieur trouvent plus vite un emploi, en particulier un emploi stable, que les diplômés de l'enseignement secondaire. Cinq ans après la fin de leurs études, les premiers exercent 4 fois plus souvent que les seconds une profession supérieure ou intermédiaire. Les diplômés des grandes écoles et des 3èmes cycles universitaires se distinguent par leur accès plus fréquent à une profession supérieure (cadres supérieurs, ingénieurs, professeurs, professions libérales) : ces postes représentent respectivement plus de 80 et de 70% des emplois qu'ils occupent, contre 30% pour les titulaires d'une licence ou d'une maîtrise et seulement 8% pour les diplômés du supérieur court.
Le diplôme obtenu influe également sur le niveau de salaire en début de vie active et sur le déroulement de carrière. De 30 à 34 ans, le salaire médian d'un diplômé de l'enseignement supérieur long est presque le double de celui d'un jeune sans diplôme, le rapport s'élevant avec l'ancienneté pour atteindre 2,4 parmi les 50 à 54 ans.
En 1961, le sociologue américain Charles Anderson montre qu'un fils ayant un diplôme plus élevé que son père n'a pas forcément un statut social plus élevé que lui du fait de l'inflation des diplômes. En se diffusant, le diplôme a perdu de sa valeur et le rendement salarial du diplôme diminue. Il faut noter que les diplômes situés en haut de la hiérarchie sont moins touchés par ce déclassement.
Exemple récent :
Depuis 1995, on observe une augmentation de l'emploi non qualifié alors qu'il était en nette décroissance de 1982 à 1994 (moins 1,5% par an). Cela peut s'expliquer par les mesures d'abaissement des charges sur les bas salaires décidées en 1993, par les mesures favorisant le temps partiel qui emploie de nombreux non-diplômés, et une situation conjoncturelle plus favorable.
Or, ces emplois non qualifiés sont de plus en plus occupés par des salariés de diplôme bac+2. Certes, la structure de la population en âge de travailler change (il y a moins de personnes sans diplôme). Mais la récente augmentation de l'emploi non qualifié traduit surtout la modification de la structure par qualification et par diplôme de l'emploi, notamment pour les personnes de niveau bac+ 2.
A diplôme identique, les classes supérieures obtiennent une meilleure position sociale que les classes populaires. En effet, le capital social, c'est-à-dire l'ensemble des ressources relationnelles – le réseau- augmente le rendement du diplôme, facilite l'embauche et assure un meilleur déroulement de carrière.