Contributions de la dette nette et des fonds propres au taux de croissance annuel du capital
Le levier reflète principalement l'arbitrage effectué par les entreprises entre le financement du stock donné de capital par endettement ou par fonds propres. (…) Globalement, on observe que toute diminution de la contribution de la dette nette est partiellement compensée par une augmentation de la contribution des fonds propres, avec une exception pour la France entre 1993 et 1996.
Au Japon, l'accroissement des fonds propres ne compense pas totalement la baisse de la dette nette ; il en résulte une forte baisse du levier et une croissance plus faible, voire une baisse du stock de capital, due à l'effondrement continu du prix des actifs depuis 1992.
En Allemagne, à la suite du choc de la réunification, la baisse continue de la contribution des fonds propres s'est traduite par un ralentissement du capital non financier et une baisse du levier jusqu'en 1996. Depuis lors, l'augmentation de la dette nette a compensé la baisse de la contribution des fonds propres, la croissance du capital non financier s'est stabilisée et le levier a augmenté.
Les États-Unis ont enregistré une baisse cyclique de la contribution de la dette nette en 1991-1992 et 2000-2002, concomitante avec une baisse temporaire dans la croissance du stock d'actifs non financiers, liée à une croissance plus faible de l'investissement net de la consommation de capital fixe. Les fonds propres n'ont pas été affectés et le levier a donc mécaniquement baissé sur ces périodes.
Au Royaume-Uni, les variations cycliques de la dette ont plus largement été compensées par des variations opposées des fonds propres, l'actif non financier évoluant essentiellement sous l'effet des fortes fluctuations des prix de l'immobilier, avec des creux en 1992 et 1997 et des pics en 1995 et 1999. Il en est résulté une baisse du levier en 1995. En 1999, au contraire, la croissance de la dette a été telle que le levier a continué d'augmenter.
En France, une baisse cyclique dans la contribution de la dette à la croissance du capital a été enregistrée en 1993-1994, donnant lieu à une baisse modérée du levier. Depuis lors et jusqu'en 2000, la croissance du capital non financier est soutenue par la contribution des fonds propres. (…) Entre 1994 et 1996, la croissance du capital est restée ralentie en raison de la faiblesse des investissements en équipements et n'a guère eu besoin de financements nouveaux, de quelque nature que ce soit. Lorsqu'elle a redémarré en 1997 et 1998, les investissements nouveaux ont été financés par la croissance des profits. En 2000 et 2001, la croissance du capital est largement due à l'explosion des prix des bâtiments et donc autofinancée par les fonds propres. Jusqu'à cette date, la contribution de la dette a été faible et le levier a été maintenu à 40%. Ce n'est qu'en 2002 que le financement par dette recommence à dépasser le financement par fonds propres, provoquant un timide redressement du levier.