Lecture : Les signes "+" désignent des augmentations. Le paradoxe de la crédibilité tel qu'analysé par Borio mêle les facteurs monétaires aux facteurs réels (choc d'offre lié à la "nouvelle économie", par exemple) et fait jouer au crédit (voir 7.1 pour une analyse plus détaillée) ainsi qu'aux effets richesse (voir 7.2) des rôles centraux. Il peut se résumer comme suit : la politique monétaire crédible qui se traduit par une inflation contenue et des taux relativement bas pousse (toutes choses égales par ailleurs) le prix des actifs à la hausse (diminution de la prime de risque associée à l'inflation et encouragement à investir en actions plutôt qu'en obligations) ; cette appréciation, qui touche le marché des actions et plus encore le marché immobilier, peut être positive (stimulation temporaire de la croissance via un surcroît de consommation ; phénomène empiriquement validée dans les pays anglo-saxons mais de plus faible ampleur en Europe continentale), mais elle peut aussi être la cause de déséquilibres importants (phénomène de "bulle"), soit directement, soit indirectement via les banques (le boom du marché du crédit conduit au surinvestissement, dont le prix à payer est une phase parfois très longue de contraction des prêts, puisque les banques doivent restaurer leurs marges, et des investissements). Une fois crées, ces déséquilibres ne peuvent que se traduire par un violent coup d'arrêt donné à la croissance, ou par une fragilisation de la crédibilité de la politique monétaire (cette dernière étant parfois obligée de recourir à des moyens peu orthodoxes pour remettre l'économie sur les bons rails) ; de sorte que l'on peut, sous certaines conditions, enregistrer le résultat paradoxal suivant : une politique monétaire par trop crédible sape les conditions de sa propre existence.