France métropolitaine – juin 2009 – enseignement obligatoire
Thèmes : Europe, politiques économiques et monétaire
Type : dissertation appuyée sur un dossier documentaire
Dossier réalisé par Dominique Szczesny
L'objectif prioritaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) est la stabilité des prix : le taux d'inflation des Etats membres doit être proche de 2 %.
Les autres objectifs de la politique économique sont considérés comme moins fondamentaux.
Le principal instrument de la politique monétaire menée par la BCE réside dans les taux d’intérêt à court terme. Est donc réaffirmée la primauté de l’UEM quant à la politique menée à l’intérieur de la zone : les pays membres ne mènent plus la politique monétaire dans leur espace national.
La BCE utilise le taux d’intérêt directeur pour mener à bien la politique monétaire. La hausse du taux d’intérêt permet de renforcer la valeur de l’euro (ces arguments seront liés à ceux contenus dans le document n°1).
De plus, il faut noter la grande latitude quant à la politique menée : en effet, on remarque que ce taux directeur était de l’ordre de 4,5 % sur la période 2000-2002 alors qu’il s’élevait à environ 2 % entre 2003 et 2006.
La montée du taux d’intérêt permet de rendre attractif l’euro par rapport à d’autres monnaies comme le dollar par exemple ce qui provoque une élévation du taux de change.
Or cette dernière constitue une contrainte forte en termes de compétitivité-prix pour les agents économiques de la zone euro.
L’Union européenne a instauré des règles quant aux politiques économiques qui doivent être menées par ses Etats membres : elles se matérialisent par le Pacte de stabilité et de croissance. Les politiques monétaires mais aussi budgétaires sous alors sous contrainte. La politique budgétaire est notamment soumise à deux critères (déficit public et dette publique).
Toutefois, on assiste à un assouplissement de certaines règles quand certains Etats membres (l’Allemagne et la France) ne peuvent plus satisfaire aux conditions qui ont été fixées par les instances européennes. La Commission a assoupli sa position en admettant de fixer des objectifs différents pour les Etats.
Ce document permet de mettre en avant la très grande diversité des situations au sein des Etats membres de la zone euro mais aussi entre certains de ces derniers et le Royaume Uni qui n’en fait pas partie.
Il s’avère que la grande majorité des Etats membres ont une inflation réduite aux alentours de 2 % à l’année mais connaissent une croissance économique modeste et un taux de chômage plus élevé qu’au Royaume Uni. (par exemple : taux de chômage respectifs pour l’Allemagne, la France, la Grèce : 8,4 %, 8,3 % et 8,3 % contre seulement 5,3 % au Royaume-Uni soit un écart de 3 à 3,1 points). De plus, la situation des Etats membres en termes de dette publique est aussi très disparate : de 104 % du PIB pour l’Italie à seulement 45,4 % pour les Pays-Bas. Enfin, l’Irlande se distingue de ses partenaires par une croissance plus forte (+ 5,3 % contre seulement + 1,5 % en Italie) et un niveau de chômage très bas (4,6 % de la population active). En revanche, le niveau de la progression des prix est un plus élevé qu’ailleurs : + 2,9 %).
La politique monétaire menée par la BCE permet de réagir en cas de chocs symétriques c'est-à-dire touchant l’ensemble de la zone euro. Une politique unique permet alors une plus grande efficacité que si elle était le fruit de décisions étatiques. En revanche, la politique budgétaire reste de la compétence des Etats qui peuvent alors faire face à des situations qui leur seraient spécifiques. De plus, les politiques budgétaires ne provoquent plus d’effets pervers en termes d’effet d’éviction puisque les taux d’intérêt directeurs sont désormais fixés par la BCE.
L’Europe souffre d’un retard en termes d’innovation par rapport à ses principaux concurrents. La politique menée pour y remédier s’inscrit dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Cette dernière fixe des objectifs qui favorisent les politiques de l’offre, d’ouverture à la concurrence étrangère soit un objectif de compétitivité accrue.
En revanche, c’est au niveau national que ces politiques seront entreprises, ce qui laisse une marge de manœuvre à chaque Etat.
La construction de l’Europe économique s’est progressivement imposée dans les esprits comme une nécessité pour les Etats du vieux continent. Elle a été marquée par une intégration de plus en plus forte des Etats membres dans l’Union caractérisée par une perte de souveraineté dans certains champs d’action. La structure la plus aboutie est constituée par l’Union économique et monétaire. Les Etats qui y ont souscrit disposent-ils aujourd’hui d’une certaine latitude quant aux politiques économiques qu’ils souhaitent mener ? Sont-ils au contraire contraints par les institutions européennes d’atteindre les objectifs qu’elles leur fixent ?
La mise en place de l’Union économique et monétaire était conditionnée par un rapprochement des économies de ses Etats membres. Des critères ont d’ailleurs été mis en place pour le mesurer. Par conséquent, une certaine perte de souveraineté quand à la mise en œuvre de leurs politiques économiques était inéluctable et c’est notamment le cas pour le volet monétaire des interventions publiques.
Toutefois, la lecture des critères de convergence s’est assouplie et les Etats membres disposent de marges de manœuvre non négligeable notamment dans le domaine structurel.
Ce constat a été renforcé par la crise financière qui a vu réapparaître un interventionnisme étatique plus grand même s’il est de plus en plus coordonné au niveau international (réunions du G7 ou du G20) ou au sein des intégrations régionales. Il serait alors judicieux de mener une étude sur les nouvelles possibilités offertes aux Etats, et notamment sur la lecture qu’ils effectuent de cette crise et sur les moyens qu’ils mettent en œuvre pour y faire face.