Politique budgétaire

1. Fondements et mécanismes de la politique budgétaire

1.1. Les cycles de l'activité économique

Documents associés - Textes de référence

Cycles mineurs et cycles majeurs selon Joseph Kitchin


Kitchin, Joseph (1994), "Cycles et tendances des variables économiques", (1923), Revue française d'économie, Volume IX, 3, été, p. 207-217, extraits


Les mouvements des variables économiques – qu'elles soient des indices de prix ou de volume – sont principalement composées selon nous de

1. (a) des cycles mineurs durant en moyenne trois ans un tiers (40 mois) ;

(b) des cycles majeurs – habituellement dénommé cycles des affaires –, qui sont simplement constitués de deux, ou plus rarement trois cycles mineurs; et

2. des mouvements fondamentaux ou tendances qui sont généralement des mouvements linéaires.

Cette loi générale est en accord avec une large part des statistiques annuelles de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, et aussi tout particulièrement avec les statistiques mensuelles du taux d'intérêt du marché interbancaire (clearings), de prix des biens et de taux d'intérêt pour ces deux pays. La vérification pour ces trois variables est explicitée dans les paragraphes suivants :

l. (a) Cycles mineurs de 3 ans un tiers (40 mois). Bien que chaque cycle particulier puisse différer considérablement de cette moyenne, un cycle plus court que la moyenne est souvent suivi d'un cycle plus long, et vice versa de telle sorte que la moyenne de deux ou trois cycles consécutifs est plus proche de la longueur moyenne qu'un cycle isolé. […]

Ces cycles, autant prononcés aux États-Unis qu'en Grande-Bretagne, semblent de longueur à peu près invariante, du moins à en juger par les études concernant le siècle passé. Ils persistent au travers des guerres avec quelques irrégularités, en particulier pour les taux d'intérêt pendant et après la Grande Guerre, les points maximaux se situant aux États-Unis et en Grande-Bretagne à des dates aussi distantes que 1916.57 et 1918.71, les décimales indiquant la fraction d'année calendaire. […]

Ces cycles mineurs sont apparemment le résultat d'un mouvement rythmique dû à des causes psychologiques, bien que, par l'intermédiaire des prix des aliments végétaux, ils puissent être influencés par l'excès ou l'insuffisance des récoltes en désaccord avec le cycle normal. Les prix alimentaires sont pourtant influencés à la fois par les récoltes (avec des prix en hausse en mauvaise récolte et vice versa) et par les fluctuations cycliques. Il semble pourtant exister en général une correspondance entre les récoltes minimales et les maximums de la situation économique d'ensemble. Pour ce qui concerne la cause du mouvement cyclique, l'auteur (sous réserve de ce qui vient d'être écrit) inclinerait à s'accorder à Mr. Philip Green lorsqu'il suggère : "Les cycles des affaires et des prix sont dus à des récurrences cycliques de la psychologie des masses réagissant au travers de l'organisation capitaliste. La périodicité approximative des cycles des affaires suggère la récurrence élastique du fonctionnement humain plutôt que la précision mathématique des phénomènes cosmiques".

(b) Les cycles majeurs, communément appelés "trade cycles" sont simplement des agrégats parfois de deux et plus souvent de trois cycles mineurs, dont la limite peut être repérée par un maximum d'exceptionnelle hauteur, un taux d'intérêt bancaire élevé, et parfois par une panique, bien que les paniques semblent disparaître. Le fait qu'ils durent en moyenne environ 8 années en demeurant dans un intervalle de 7 à 10 ans, est simplement dû à l'agrégation de deux cycles mineurs (ce qui entraîne une durée théorique de 6 ans et deux tiers) ou trois (théoriquement 10 ans). […]

Les maximums mineurs apparaissent dans les statistiques mensuelles de la plupart des variables, mais ne sont souvent pas suffisamment marqués pour se dégager dans les moyennes annuelles, à l'exception notable du taux d'intérêt. Il convient donc de les étudier uniquement à partir des statistiques mensuelles. Si l'on considère l'ensemble des variables, les maximums mineurs intermédiaires ont une intensité d'environ 40% des maximums majeurs, (i.e. les maximums majeurs sont 2 fois et demi plus au dessus de la moyenne ou de la tendance que les maximums intermédiaires).

Ces cycles mineurs et majeurs constituent les mouvements périodiques se superposant aux plus importants.

2. Mouvements fondamentaux, ou tendances, qui sont généralement linéaires. On ne peut pas les considérer comme des variations rythmées ou cycliques, mais il dépendent sans aucun doute des variations de stock de la monnaie mondiale.

 

Traduction François Gardes et Pierre Levy (Extrait de l'article "Cycles and Trends in economic factors", Review of economic statistics, janvier 1923)