Il existait déjà avant la décentralisation des collectivités en difficulté financière, mais ces quelques cas n'étaient pas médiatisés. Des solutions étaient trouvées en catimini entre les divers acteurs concernés. Le "syndrome Angoulême" (ville qui a connu de très graves difficultés financières dans les années 80) a créé une nouvelle donne en appelant l'attention du monde bancaire, de l'Etat et des collectivités sur la nécessité d'établir des règles du jeu claires afin que les collectivités soient assurées de trouver les ressources nécessaires à leur développement.
L'exemple le plus représentatif provient sûrement des communes de montagne qui ont contracté des engagements trop lourds pour le développement de leurs équipements touristiques. Les limites que comporte l'augmentation de la pression fiscale conduisent à la renégociation de la dette, ainsi qu'à des retards dans le paiement effectif des échéances, alors même qu'elles ont été inscrites au budget comme dépenses obligatoires.
Les banques analysent les risques liés aux collectivités locales comme elles le font pour tout emprunteur. Cependant en général les collectivités, comme les autres organismes publics, bénéficient d'un diagnostic plus favorable fondé sur le constat qu'elles ne pourront pas être mise en faillite.
Ainsi, dans le cadre des accords de Bâle I, on applique aux créances des banques sur les collectivités locales un ratio de solvabilité Cooke compris entre 0 et 20 %, alors qu'il est de 0 % pour l'Etat et de 80 % pour les entreprises. L'existence d'un coefficient particulier témoigne bien de la perception d'un niveau de risque spécifique.
A partir du 1/1/2008, les normes de Bâle II remplaceront celles de Bâle I. Le ratio Cooke cédera la place au ratio Mc Donough. Il s'agit de mieux appréhender les risques bancaires et principalement le risque de crédit ou de contrepartie et les exigences en fonds propres.
Dans le cadre de Bâle I, la principale variable prise en compte était le montant du crédit distribué. En revanche, on ne tenait pas compte de la qualité de l'emprunteur, et donc du risque de crédit qu'il représente réellement, ce que fait Bâle II dans le cadre de ses recommandations.
L'un des facteurs de risque les plus importants résulte de la difficulté de disposer pour les collectivités locales d'une consolidation des comptes intégrant les comptes, et donc les risques, des multiples organismes satellites, de statuts divers qui sont créés par les collectivités locales et sont placés dans leur dépendance. En France, la loi du 6 février 1992 a rendu obligatoires la publication de tableaux de synthèse des comptes administratifs des établissements publics de coopération dont les communes font partie, et la présentation consolidée des résultats du budget général et des budgets annexes. S'y ajoute la publication des concours aux associations, des derniers bilans certifiés conformes des organismes dans lesquels la commune détient une partie du capital ou au bénéfice desquels elle a garanti un emprunt ou versé une subvention supérieure à 75 000 € ou représentant plus de 50 % du budget de l'organisme bénéficiaire et de l'encours des emprunts garantis.