Nouvelle Calédonie – 2009 – enseignement obligatoire
>> Lire l'intégralité du sujet (énoncé, questions et documents)
Thèmes : entreprise, mondialisation
Type : question de synthèse étayée par un travail préparatoire
Dossier réalisé par Dominique Szczesny
Si l’on compare en 1982 et en 2005 les richesses produites par les filiales étrangères des firmes transnationales – mesurées par la valeur ajoutée brute – aux richesses produites dans le monde – mesurées par le PIB mondial –, on remarque que la part des premières dans le PIB mondial a progressé de 5,92 % à 10,11 %. Autrement dit, le poids des richesses produites par les filiales des firmes transnationales dans l’ensemble de celles créées au niveau mondial s’est accru.
Si l’on compare le rythme de progression des exportations des filiales étrangères des firmes transnationales à celui des exportations mondiales, il s’avère que le premier est plus rapide que le second (+ 551 % contre seulement + 462 %). On peut l’expliquer par un dynamisme plus grand du commerce intra-firme relativement au commerce interbranches. On peut émettre l’hypothèse d’une volonté plus grande des firmes transnationales de s’implanter en dehors de leur pays d’origine afin d’y rechercher les avantages comparatifs les plus grands.
Les stratégies de localisation horizontale et verticale des firmes multinationales présentées dans le document 2 ne répondent pas à la même logique de compétitivité. En effet, la première s’inscrit dans le cadre de la compétitivité hors prix alors que la seconde appartient à la compétitivité-prix. Dans le premier cas, le fait d’accéder à des marchés où sont présents des biens et des services très proches a pour conséquence que la différence doit essentiellement s’effectuer sur les innovations qui sont incorporées ; de même, pour pouvoir innover ou incorporer les innovations dans le processus de production, les firmes transnationales doivent pouvoir compter sur une main-d’œuvre très qualifiée et donc rémunérée à des niveaux élevés. En revanche, la seconde stratégie repose sur la décomposition du processus de production en fonction des coûts présents dans les pays d’accueil des investissements directs à l’étranger et a pour objectif de réduire ces coûts afin de pouvoir pratiquer des prix plus bas et ainsi gagner des parts de marché.
Les échanges qui vont se développer dans le cadre de la décomposition de la production en fragments séparés s’effectuent entre entreprises d’un même groupe mais situées à des stades différents de la production des biens : on assiste alors à un commerce intrabranche et non interbranches.
Si la nouvelle division internationale du travail a permis aux NPI de quitter le sous-développement, cela n’a pas été le cas de la grande majorité des pays en développement qui n’ont pas su ou pu attirer les IDE des firmes transnationales originaires des pays développés.
On constate une réduction de la part des exportations des produits primaires dans l’ensemble des marchandises à la fois dans les pays riches (baisse de 3 points de pourcentage entre 1990 et 2004), ce qui confirme leur spécialisation dans des biens finis ou semi-finis, et dans les pays d’Asie de l’Est et du Pacifique (baisse de 12 points de pourcentage). Ces derniers semblent donc se spécialiser dans la production de biens transformés, ce qui confirme alors la nouvelle division internationale du travail. Ce constat est sensiblement le même pour l’Amérique Latine et les Caraïbes ; toutefois, il faut noter que la part des exportations de produits primaires y reste encore élevée dans l’ensemble des marchandises (46 % même elle a régressé de 19 points en 14 ans). En revanche, même si les pays d’Afrique subsaharienne enregistrent une légère baisse de la part des exportations des produits primaires dans leurs exportations de marchandises, ils représentent encore aujourd’hui plus des 2/3 de leurs exportations, ce qui tend à les maintenir dans une division traditionnelle du travail.
Le PIB mondial a connu une progression relativement forte entre 1982 et 2005 (même s’il est estimé en dollars courants et non constants). En parallèle, les IDE ont connu une augmentation beaucoup plus forte, ce qui marque le poids grandissant des firmes transnationales dans les activités productives mondiales. Ce constat est renforcé par le fait que les richesses créées par les filiales étrangères des firmes multinationales progressent à un rythme plus soutenu que la croissance mondiale. Ces IDE qui représentent les acquisitions de tout ou de parties d’entreprises sont aussi le reflet de stratégies différentes menées par les firmes transnationales.
De plus, l’accroissement des IDE peut soit provoquer une accentuation de la division du travail s’ils ont pour but de rechercher la compétitivité-prix en décomposant davantage le processus de production en recherchant les coûts les plus bas, soit s’insérer dans la logique de la compétitivité hors-prix qui ne se construit pas sur la division internationale du travail.
Trois grandes stratégies peuvent être dégagées :
- celles recherchant la baisse des coûts qui peut déboucher sur la décomposition du processus de production et contribuer à la division internationale du travail ;
- celles cherchant à conquérir des marchés dans des pays proches économiquement (si l’on prend pour hypothèse de travail que la plupart des firmes transnationales sont originaires des pays développés ;
- des stratégies hybrides combinant à la fois la recherche des coûts les plus bas notamment en décomposant le processus de production et l’accès à de nouveaux marchés.
Les investissements réalisés par les firmes transnationales (en dehors de ceux réalisés dans les pays du Nord) s’effectuent principalement dans certains pays en voie de développement. Ces derniers peuvent donc connaître une forme de développement.
Les autres restant exclus de ce processus, on assisterait alors à une certaine forme de dualisme des pays en voie de développement.
Certaines régions du monde ne comprenant pas les pays riches ont vu la part de leurs exportations de produits primaires dans l’ensemble de leurs exportations se réduire très fortement. Cela tend à montrer qu’ils se spécialisent davantage dans la production de biens finis ou semi finis et illustre leur insertion dans la nouvelle division internationale du travail.
En revanche, l’Afrique subsaharienne, toujours spécialisée dans la production de produits primaires, s’inscrit encore dans la division internationale traditionnelle du travail.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les échanges mondiaux se sont intensifiés et diversifiés. D’une phase d’internationalisation, le monde est passé à une phase de mondialisation. Différents acteurs y ont contribué : les organisations internationales comme l’OMC, certains Etats mais aussi les grandes entreprises transnationales. (document n°1)
Quels sont les objectifs poursuivis et les moyens mis en œuvre par ces firmes ? Et quelles effets ont-elles sur la division internationale du travail ?
La recherche des coûts de production les plus bas conduit les firmes transnationales à délocaliser leurs activités dans les pays les plus compétitifs à cet égard. Cette réduction des coûts peut s’inscrire dans le cadre de la production (ex : produire dans les pays à bas salaires) mais aussi dans celui de l’acheminement (ex : se rapprocher des marchés). Le but poursuivi est de produire des biens ou des services à un prix de revient très bas afin d’être compétitives en termes de prix. (documents n°1 et 2)
Les firmes transnationales peuvent aussi rechercher à conquérir de nouveaux marchés en y implantant leur unités de production. En étant plus proches de ces marchés, elles peuvent davantage les connaître et réagir aux fluctuations qui y interviennent. Les firmes transnationales peuvent aussi rechercher la compétitivité structurelle ou hors-prix. Il s’agit alors de se différencier des concurrents en innovant. Dans ce cas, elles doivent s’appuyer sur un facteur travail très qualifié pouvant innover et incorporer les innovations dans le processus de production. (documents n°1 et 2)
Les firmes transnationales peuvent aussi combiner les deux stratégies précédentes : rechercher à la fois des coûts de production bas et s’appuyer sur un potentiel de main d’œuvre qualifiée. (document n°2)
Le fait de rechercher les coûts les plus bas tend à décomposer le processus de production à l’échelle internationale. Il s’agit alors de rechercher les lieux où produire telle partie d’un bien sera plus rentable, moins coûteux – on peut s’appuyer sur l’exemple des filiales-ateliers des firmes transnationales.
Or en recherchant la compétitivité-prix, ces entreprises augmentent leurs activités et contribuent ainsi à développer une nouvelle division internationale du travail. Cela a eu pour conséquence de permettre à certains pays en voie de développement de connaître un processus de rattrapage des niveaux de vie relativement aux pays riches. (documents n°1, 3 et 4)
En revanche, la recherche de la compétitivité hors-prix ne reposant pas sur la recherche des coûts les plus bas, elle n’a pas d’effet sur la division du travail. Les entreprises cherchent à capter des nouveaux marchés, le potentiel de recherche le plus grand, les infrastructures les plus adaptées, le régime politique le plus stable, etc. (documents n°1 et 3)
Les stratégies menées par les firmes multinationales sont très différentes et varient selon le type de compétitivité poursuivi. La recherche de la compétitivité-prix reposera sur la recherche des coûts de production les plus bas. Dans ce cas, la décomposition du processus productif sera la résultante de cet objectif. En revanche, la volonté d’accès à de nouveaux marchés, la recherche de l’innovation, des compétences les plus adaptées au processus de production ne s’appuiera pas sur la décomposition du processus productif. Mais que ce soit dans un cas, comme dans l’autre, toutes les régions du monde ne profitent pas des effets du développement des activités des firmes transnationales : c’est notamment le cas de l’Afrique subsaharienne. Quelles stratégies faut-il alors mettre en œuvre pour enclencher un processus de développement dans les pays les plus pauvres de la planète ?