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Après avoir présenté les caractéristiques des nouveaux mouvements sociaux, vous montrerez comment ils favorisent la cohésion sociale

  
Amérique du Nord – 2008 – enseignement obligatoire

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Thème : société
Type : question de synthèse étayée par un travail préparatoire

Dossier réalisé par Dominique Szczesny

Analyse du sujet

  • Mots clefs : caractéristiques, mouvements sociaux, cohésion sociale
  • Liens entre les notions : il s’agit de mettre en évidence les traits spécifiques des nouveaux mouvements sociaux c.-à-d. recenser toutes les éléments qui les caractérisent. Puis de mettre en exergue la façon dont ils agissent sur la cohésion sociale
  • Hypothèses de travail possibles : 
    • hypothèse 1 : après avoir recensé les traits spécifiques des mouvements sociaux, il s’agira de montrer par quels mécanismes ils permettent la cohésion sociale
    • hypothèse 2 : après avoir rappelé les différents éléments constitutifs des nouveaux mouvements sociaux, il faudra mettre en évidence les moyens par lesquels ils contribuent à la cohésion sociale
  • Choix retenu pour traiter le sujet : hypothèse 1
  • Hypothèses ne permettant pas de traiter le sujet :
    • hypothèse 3 : après avoir mis en avant le déclin des conflits sociaux traditionnels, il s’agira de montrer comment les nouveaux mouvements sociaux permettent la cohésion sociale
    • hypothèse 4 : après avoir montré la diversité des objets de la mobilisation collective, il s’agira de montrer comment les nouveaux mouvements sociaux permettent la cohésion sociale

Mobilisation des connaissances de cours pour traiter le sujet

  • cohésion sociale
  • nouveaux mouvements sociaux
  • action collective
  • institutionnalisation des conflits
  • mobilisation collective
  • conflit
  • syndicats
  • rapports sociaux
  • identités
  • valeurs

Mobilisation des savoir-faire pour traiter le sujet

  • Lire une donnée chiffrée contenue dans un tableau : dans le document n°1, en France métropolitaine, 43 % des personnes âgées de 15 ans et plus ont adhéré à au moins une association en 2005
  • Comparer les données chiffrées contenues dans un tableau : dans le document n°1, l’adhésion la plus importante des individus concerne les associations sportives pour 19 % d’entre eux  contre seulement 5 % pour les syndicats soit un écart de 14 points de pourcentage
  • Illustrer une notion à partir des éléments contenus dans un texte : dans le document n°2, les nouveaux mouvements sociaux se caractérisent par des modes d’action différents de ceux employés par les mouvements que l’on pourrait qualifier de traditionnels : les « Euromarches », les sommets parallèles, etc.
  • Classer des informations contenues dans le dossier documentaire en fonction du plan donné par le sujet : dans le document n°2, les nouveaux modes d’action seront mobilisés dans la première partie de la synthèse afin d’illustrer les caractéristiques des nouveaux mouvements sociaux ; dans le document n°3, les nouvelles formes de solidarités issues de ces nouveaux mouvements sociaux seront utilisées pour illustrer le lien entre ces derniers et la cohésion sociale ; de même,  dans le document n°3, les mobiles poursuivis par les participants à ces nouvelles solidarités pourront illustrer la première partie du devoir portant sur les caractéristiques de ces mouvements et plus particulièrement les mobiles poursuivis par les participants : la recherche de l’épanouissement personnel, du lien social
  • Mettre en relation des informations contenues dans deux documents différents : mobilisation des personnes non syndiquées dans le cadre du bénévolat et le faible taux d’adhésion aux syndicats (estimé à 5 %)  dans le document n°1

Travail préparatoire

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Question n°1 - Parmi les exemples du document 1, choisissez deux exemples d'associations n'appartenant pas au monde du travail dont le but est de défendre une identité ou des valeurs propres à leur groupe. Justifiez votre réponse

3 % des personnes de plus de 15 ans résidant en France métropolitaine ont adhéré à une association de quartier ou locale en 2005 ce qui est révélateur de leur attachement à un quartier, à un espace géographique précis. De même, 2 % des individus de moins de 15 ans résidant sur le territoire national ont adhéré à une association d’aide et de soutien international, ce qui révèle leur adhésion à certaines valeurs comme la solidarité ou l’égalité.

Question n°2 - En quoi les formes d'exclusion énoncées dans le document 2 peuvent-elles nuire à la cohésion sociale ?

Le chômage et la pauvreté peuvent nuire à la cohésion sociale dans le sens où elles peuvent conduire à un délitement du lien social. Ces situations peuvent être à l’origine d’un processus d’exclusion caractérisé par la perte de revenus, la pauvreté, l’extinction progressive des droits sociaux, la stigmatisation, des relations sociales altérées ou rompues, etc. Le lien social étant rompu, la cohésion sociale s’en trouve donc fragilisée.

Question n°3 - Est-ce que les revendications portées par les « Marches européennes contre le chômage » se limitent à une dénonciation des conditions de travail et d'emplois ? Justifiez (document 2)

Les revendications portées par les « Marches européennes contre le chômage » ne se limitent pas à une dénonciation des conditions de travail et d'emplois. En effet, elles s’inscrivent aussi dans le cadre d’une dénonciation des inégalités, d’un rééquilibrage dans le partage des richesses, la réduction des droits sociaux. On peut alors citer l’accroissement des écarts de revenus entre les plus riches  et les plus pauvres, les inégalités en termes d’accès à l’école, aux soins.

Question n°4 - En quoi les actions conduites par les « nouveaux bénévoles » différent-elles des mouvements traditionnels du monde du travail ? (document 3)

Les actions conduites par les « nouveaux bénévoles » diffèrent des mouvements traditionnels du monde du travail à la fois dans les buts poursuivis par les acteurs mais aussi dans les moyens utilisés. Les actions menées s’inscrivent dans le cadre de la recherche de l’épanouissement personnel et, dans ce sens, sont le reflet de la montée de l’individualisme, alors que les mouvements traditionnels s’inscrivaient dans un cadre plus collectif. Elles peuvent  aussi  se mettre en place afin d’établir de nouveaux liens sociaux. On pourrait évoquer les mouvements en faveur des « sans ». De même, les formes de l’engagement militant ont changé : il ne s’agit plus de défendre les intérêts d’une classe, mais de défendre les intérêts des usagers, de protéger l’environnement, etc.

Question n°5 - En quoi les « nouvelles formes de solidarité » favorisent-elles le lien social ? (document 3)

Les « nouvelles formes de solidarité » favorisent le lien social dans le sens où des individus n’ayant pas de points communs (ex : niveau de revenus, modes de vie, etc.), sont mis en relation dans le cadre des actions menées. De plus, les acteurs sociaux, tout en poursuivant  leur épanouissement personnel, recherchent la mise en œuvre de nouveaux liens sociaux par le biais d’actions concrètes qui sont le reflet de formes de solidarité inédites (ex : le mouvement en direction des « sans »).

Etude du dossier documentaire

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Document n°1 – Taux d'adhésion à différentes associations en 2005 (tableau)

Les adhésions aux structures porteuses de revendications traditionnelles sont peu importantes aujourd’hui (ex : le cas des syndicats ou des partis politiques).
En revanche, d’autres préoccupations apparaissent : c’est le cas des associations relatives à l’aide et au soutien international, à la défense de l’environnement,  à l’aide aux malades ou à la lutte contre la maladie. Ceci sous-entend aussi de nouveaux modes d’actions en rupture avec ceux caractéristiques des mouvements traditionnels centrés sur le travail.

Document n°2 – Xavier Cretiez et Isabelle Sommier, La France rebelle (extrait)

Les nouveaux mouvements sociaux se caractérisent à la fois par les modes d’action choisis (ex : les « Euromarches », les contre-sommets, l’utilisation des médias, etc.) par les participants à ces mouvements, mais aussi par les mobiles que ces derniers poursuivent : il ne s’agit plus aujourd’hui de s’inscrire exclusivement dans le cadre de la défense des intérêts des salariés dans leurs relations au travail mais aussi   dans celui du partage inégalitaire des richesses, l’accroissement des inégalités, de la perte des droits sociaux.

Document n°3 – Gérard Mermet, "Pour comprendre les Français", Francoscopie (extrait)

De nouvelles solidarités sont apparues  la suite des nouveaux mouvements sociaux.  Des individus éloignés tant par leur situations économique et sociale entrent en relation : le bénévolat, le parrainage qu’il soit le fait des individus ou des entreprises.
De même, les buts recherchés par les nouveaux acteurs s’inscrivent à la fois dans le cadre de l’individualisme (la recherche  de l’épanouissement personnel) mais aussi dans celui de la volonté de rechercher de nouveaux liens sociaux.

Plan détaillé

Introduction

Le changement social que l’on définit comme toute transformation observable dans le temps, qui affecte, d'une manière qui ne soit pas que provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l'organisation sociale d'une collectivité donnée et modifie le cours de son histoire (Guy Rocher), peut être le résultat de conflits sociaux et plus particulièrement ceux relatifs au travail. Toutefois, ces derniers se sont progressivement estompés et d’autres formes de mobilisation sont apparues et se sont développées. En effet, les nouveaux mouvements sociaux ont marqué la fin du XXe siècle.
Quelles sont les caractéristiques de ces derniers ? En quoi sont-ils nouveaux ? En quoi permettent-ils de tisser du lien social et contribuent-ils à la cohésion sociale ?

Première partie : les nouveaux mouvements sociaux se caractérisent…

A. ... à la fois par les acteurs qui en sont porteurs et les mobiles qu’ils poursuivent…

Les acteurs qui sont les porteurs de ces actions ne sont plus ceux qui ont été le fer de lance des mouvements traditionnels : les ouvriers. En effet, ils sont plutôt issus des classes moyennes, disposent d’un capital culturel élevé.
En parallèle, les mobiles qu’ils poursuivent sont doubles : à la fois ils recherchent une certaine forme de satisfaction personnelle, ce qui révèle la montée de l’individualisme dans les sociétés occidentales, mais aussi le lien social.
Enfin, il ne s’agit plus exclusivement de centrer les revendications sur le travail mais de promouvoir d’autres objectifs : la remise en cause du  partage des richesses, la lutte pour les droits sociaux, la protection de l’environnement, etc. (document n°1)

B. … mais aussi par les modes d’action utilisés

Les moyens mis en œuvre s’en trouvent donc modifiés. Les relais traditionnels des revendications liées au travail perdent de leur audience (ex : le syndicat) et d’autres apparaissent. Le développement du tissu associatif en constitue un élément (ex : association d’aide aux personnes, de lutte pour la préservation de l’environnement, de promotion de l’aide internationale, etc.)  (document n°2)
De même, les actions menées se diversifient et prennent un visage nouveau : le cas des « Euromarches » peut en constituer un exemple tout comme les « contre-sommets ». (document n°3)

Deuxième partie : ces nouveaux mouvements sociaux contribuent à la cohésion sociale...

A. ... en tissant de nouveaux liens sociaux…

La recherche du lien social constitue l’un des deux mobiles de l’action entreprise par les acteurs de ces mouvements. Les parrainages, le bénévolat, vont mettre  en relation des individus différents. En effet, on peut évoquer les relations qui vont se nouer entre les milieux favorisés et plus modestes, les liens entre les valides et les personnes touchées par la maladie ou le handicap, entre les personnes intégrées dans la société par la famille, le travail, le monde associatif, et ceux qui connaissent une certaine forme d’exclusion (ex : les « sans »). (document n°3)

B. … et en mettant en œuvre de nouvelles solidarités

Cette recherche du lien social débouche sur la mise en place de nouvelles solidarités. Elle peut passer par l’intermédiaire d’une aide matérielle (ex : Restos du cœur, banque alimentaire, etc.) ou non (ex : associations d’aides aux devoirs scolaires, etc.).  Ces aides proposées permettent alors à ceux qui en sont à l’initiative de réconcilier le collectif et l’individuel. En ce sens, l’individualisme peut aussi contribuer à la cohésion sociale. (document n°3)

Conclusion

Les nouveaux mouvements sociaux se caractérisent à la fois par le profil des acteurs qui en sont porteurs mais aussi par les mobiles qu’ils poursuivent et les modes d’actions choisis. Ces changements sont révélateurs de la montée de l’individualisme dans les sociétés.
Par conséquent, dans une certaine mesure, ce dernier contribue à tisser du lien social et à mettre en place de nouvelles solidarités. En ce sens, il contribue à la cohésion sociale.
En revanche, la prise en charge collective des solidarités est toujours présente via la protection sociale et, de manière plus large, l’Etat-providence.

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