Amérique du Nord – 2008 – enseignement obligatoire
Thème : société
Type : question de synthèse étayée par un travail préparatoire
Dossier réalisé par Dominique Szczesny
3 % des personnes de plus de 15 ans résidant en France métropolitaine ont adhéré à une association de quartier ou locale en 2005 ce qui est révélateur de leur attachement à un quartier, à un espace géographique précis. De même, 2 % des individus de moins de 15 ans résidant sur le territoire national ont adhéré à une association d’aide et de soutien international, ce qui révèle leur adhésion à certaines valeurs comme la solidarité ou l’égalité.
Le chômage et la pauvreté peuvent nuire à la cohésion sociale dans le sens où elles peuvent conduire à un délitement du lien social. Ces situations peuvent être à l’origine d’un processus d’exclusion caractérisé par la perte de revenus, la pauvreté, l’extinction progressive des droits sociaux, la stigmatisation, des relations sociales altérées ou rompues, etc. Le lien social étant rompu, la cohésion sociale s’en trouve donc fragilisée.
Les revendications portées par les « Marches européennes contre le chômage » ne se limitent pas à une dénonciation des conditions de travail et d'emplois. En effet, elles s’inscrivent aussi dans le cadre d’une dénonciation des inégalités, d’un rééquilibrage dans le partage des richesses, la réduction des droits sociaux. On peut alors citer l’accroissement des écarts de revenus entre les plus riches et les plus pauvres, les inégalités en termes d’accès à l’école, aux soins.
Les actions conduites par les « nouveaux bénévoles » diffèrent des mouvements traditionnels du monde du travail à la fois dans les buts poursuivis par les acteurs mais aussi dans les moyens utilisés. Les actions menées s’inscrivent dans le cadre de la recherche de l’épanouissement personnel et, dans ce sens, sont le reflet de la montée de l’individualisme, alors que les mouvements traditionnels s’inscrivaient dans un cadre plus collectif. Elles peuvent aussi se mettre en place afin d’établir de nouveaux liens sociaux. On pourrait évoquer les mouvements en faveur des « sans ». De même, les formes de l’engagement militant ont changé : il ne s’agit plus de défendre les intérêts d’une classe, mais de défendre les intérêts des usagers, de protéger l’environnement, etc.
Les « nouvelles formes de solidarité » favorisent le lien social dans le sens où des individus n’ayant pas de points communs (ex : niveau de revenus, modes de vie, etc.), sont mis en relation dans le cadre des actions menées. De plus, les acteurs sociaux, tout en poursuivant leur épanouissement personnel, recherchent la mise en œuvre de nouveaux liens sociaux par le biais d’actions concrètes qui sont le reflet de formes de solidarité inédites (ex : le mouvement en direction des « sans »).
Les adhésions aux structures porteuses de revendications traditionnelles sont peu importantes aujourd’hui (ex : le cas des syndicats ou des partis politiques).
En revanche, d’autres préoccupations apparaissent : c’est le cas des associations relatives à l’aide et au soutien international, à la défense de l’environnement, à l’aide aux malades ou à la lutte contre la maladie. Ceci sous-entend aussi de nouveaux modes d’actions en rupture avec ceux caractéristiques des mouvements traditionnels centrés sur le travail.
Les nouveaux mouvements sociaux se caractérisent à la fois par les modes d’action choisis (ex : les « Euromarches », les contre-sommets, l’utilisation des médias, etc.) par les participants à ces mouvements, mais aussi par les mobiles que ces derniers poursuivent : il ne s’agit plus aujourd’hui de s’inscrire exclusivement dans le cadre de la défense des intérêts des salariés dans leurs relations au travail mais aussi dans celui du partage inégalitaire des richesses, l’accroissement des inégalités, de la perte des droits sociaux.
De nouvelles solidarités sont apparues la suite des nouveaux mouvements sociaux. Des individus éloignés tant par leur situations économique et sociale entrent en relation : le bénévolat, le parrainage qu’il soit le fait des individus ou des entreprises.
De même, les buts recherchés par les nouveaux acteurs s’inscrivent à la fois dans le cadre de l’individualisme (la recherche de l’épanouissement personnel) mais aussi dans celui de la volonté de rechercher de nouveaux liens sociaux.
Le changement social que l’on définit comme toute transformation observable dans le temps, qui affecte, d'une manière qui ne soit pas que provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l'organisation sociale d'une collectivité donnée et modifie le cours de son histoire (Guy Rocher), peut être le résultat de conflits sociaux et plus particulièrement ceux relatifs au travail. Toutefois, ces derniers se sont progressivement estompés et d’autres formes de mobilisation sont apparues et se sont développées. En effet, les nouveaux mouvements sociaux ont marqué la fin du XXe siècle.
Quelles sont les caractéristiques de ces derniers ? En quoi sont-ils nouveaux ? En quoi permettent-ils de tisser du lien social et contribuent-ils à la cohésion sociale ?
Les acteurs qui sont les porteurs de ces actions ne sont plus ceux qui ont été le fer de lance des mouvements traditionnels : les ouvriers. En effet, ils sont plutôt issus des classes moyennes, disposent d’un capital culturel élevé.
En parallèle, les mobiles qu’ils poursuivent sont doubles : à la fois ils recherchent une certaine forme de satisfaction personnelle, ce qui révèle la montée de l’individualisme dans les sociétés occidentales, mais aussi le lien social.
Enfin, il ne s’agit plus exclusivement de centrer les revendications sur le travail mais de promouvoir d’autres objectifs : la remise en cause du partage des richesses, la lutte pour les droits sociaux, la protection de l’environnement, etc. (document n°1)
Les moyens mis en œuvre s’en trouvent donc modifiés. Les relais traditionnels des revendications liées au travail perdent de leur audience (ex : le syndicat) et d’autres apparaissent. Le développement du tissu associatif en constitue un élément (ex : association d’aide aux personnes, de lutte pour la préservation de l’environnement, de promotion de l’aide internationale, etc.) (document n°2)
De même, les actions menées se diversifient et prennent un visage nouveau : le cas des « Euromarches » peut en constituer un exemple tout comme les « contre-sommets ». (document n°3)
La recherche du lien social constitue l’un des deux mobiles de l’action entreprise par les acteurs de ces mouvements. Les parrainages, le bénévolat, vont mettre en relation des individus différents. En effet, on peut évoquer les relations qui vont se nouer entre les milieux favorisés et plus modestes, les liens entre les valides et les personnes touchées par la maladie ou le handicap, entre les personnes intégrées dans la société par la famille, le travail, le monde associatif, et ceux qui connaissent une certaine forme d’exclusion (ex : les « sans »). (document n°3)
Cette recherche du lien social débouche sur la mise en place de nouvelles solidarités. Elle peut passer par l’intermédiaire d’une aide matérielle (ex : Restos du cœur, banque alimentaire, etc.) ou non (ex : associations d’aides aux devoirs scolaires, etc.). Ces aides proposées permettent alors à ceux qui en sont à l’initiative de réconcilier le collectif et l’individuel. En ce sens, l’individualisme peut aussi contribuer à la cohésion sociale. (document n°3)
Les nouveaux mouvements sociaux se caractérisent à la fois par le profil des acteurs qui en sont porteurs mais aussi par les mobiles qu’ils poursuivent et les modes d’actions choisis. Ces changements sont révélateurs de la montée de l’individualisme dans les sociétés.
Par conséquent, dans une certaine mesure, ce dernier contribue à tisser du lien social et à mettre en place de nouvelles solidarités. En ce sens, il contribue à la cohésion sociale.
En revanche, la prise en charge collective des solidarités est toujours présente via la protection sociale et, de manière plus large, l’Etat-providence.