Dans [cette] approche, le "capital organisationnel" est la variable-clé. L'hypothèse fondamentale est que les lobbies protectionnistes sont moins coûteux à organiser que les lobbies anti-protection, étant donné le grand nombre et l'éparpillement géographique des consommateurs.
Baldwin et Baldwin (1992) étudient la ré-émergence de la protection quand le capital organisationnel se déprécie (après, disons, la fin de la vie politique des initiateurs). Ce mécanisme peut rendre compte du cycle long des tarifs douaniers observé aux Etats-Unis (voir la figure). La protection américaine a augmenté de façon tendancielle aux alentours du tournant du siècle, en partie sous l'influence politique des industries qui ont pu se développer à l'abri de la protection accrue par rapport aux importations. Les électeurs, au final mécontents des prix et profits plus élevés liés à cette protection, ont élu une administration anti-protection en 1912. Les droits de douane ont rapidement été diminués. Le retour d'une administration républicaine à la Maison Blanche après la Première Guerre Mondiale a redémarré une spirale protectionniste avec les lois sur les tarifs douaniers de 1922 et 1930. Après la Seconde Guerre Mondiale, la perception dominante selon laquelle la Grande Dépression a été exacerbée par le protectionnisme a rendu celui-ci politiquement impopulaire. Ceci a facilité le déclin de la protection américaine après-guerre.