"Il s'agit de faire du sort matériel et intellectuel de ces classes (inférieures) l'objet principal des soins des législateurs, diriger tout l'effort des lois vers l'allégement et surtout la parfaite égalisation des charges publiques afin de faire disparaître toutes les inégalités qui sont demeurées dans notre législation fiscale. En un mot, assurer au pauvre toute l'égalité légale et tout le bien-être qui soient compatibles avec l'existence du droit individuel de propriété et l'inégalité des conditions qui en découle. Car, disais-je en terminant ce qui, en cette matière, était honnêteté et justice, devient nécessité et prudence… (…)
1. Excepter de l'impôt les plus pauvres, c'est-à-dire ceux pour lesquels la charge est comparativement la plus pesante ;
2. Ne pas faire porter l'impôt sur les choses nécessaires, parce qu'alors tout le monde est obligé de s'y soumettre et que le pauvre est atteint ;
3. Quand l'impôt porte sur les choses nécessaires ou très utiles à la vie, le rendre très faible pour chacun afin qu'il soit presque aussi indifférent aux pauvres qu'aux riches ;
4. Quand il est fort, tâcher de le rendre proportionnel à la fortune du contribuable ;
(…)
En définitive, trois moyens de venir au secours du peuple :
1. Le décharger d'une partie des charges publiques ou du moins ne l'en charger que proportionnellement.
2. Mettre à sa portée les institutions qui peuvent lui permettre de se tirer d'affaire et de s'assister.
3. Venir à son secours et l'assister directement dans ses besoins. (...)
Il faut donner à toute la législation ce tour philanthropique, ce sentiment sympathique aux besoins du pauvre qui attache le peuple à nos oeuvres, qui l'y intéresse, et qui le console de ne pas faire la loi en voyant sans cesse que le législateur pense à lui."