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8. Mutations du travail et conflits sociaux

Dossier réalisé par Gaëlle Mellet

Données statistiques

Sur le site de la Dares

  • "Mythes et réalités de la syndicalisation en France", Premières synthèses-Informations, DARES, octobre 2004
    "En 2003, plus de 8 % des salariés (7,5 % des femmes et 9 % des hommes) sont syndiqués. C'est deux fois moins qu'il y a vingt-cinq ans. Pourtant, le taux de syndicalisation s'est stabilisé depuis une dizaine d'années. On assiste même à une progression de la présence syndicale, sous forme de délégués ou de représentants élus, dans les établissements et les entreprises.
    Les fonctions publiques regroupent près de la moitié des salariés affiliés à une organisation syndicale. Si l'industrie reste un bastion syndical, l'adhésion à de telles organisations est, de fait, bien plus fréquente pour les cadres que pour les ouvriers. Le développement des formes d'emploi flexibles depuis une vingtaine d'années a rendu plus difficile la syndicalisation de tout un volant de la main-d'oeuvre, en premier lieu des salariés d'exécution.
    Spécificité française, la faiblesse du taux de syndicalisation ne signifie pas l'absence de représentation syndicale pour les salariés : 40 % d'entre eux déclarent qu'un syndicat est présent sur leur lieu de travail, plus de la moitié dans leur entreprise ou leur administration. Ce sont essentiellement les salariés des petits établissements (moins de cinquante salariés) qui n'ont pas de représentants syndicaux."
  • "Des conflits du travail plus nombreux et plus diversifiés", Premières synthèses-Informations, DARES, février 2007
    La conflictualité du travail s’est intensifiée au cours de la dernière décennie. Entre 2002 et 2004, 30 % des établissements de plus de vingt salariés ont connu au moins un conflit collectif selon les déclarations des représentants de la direction. Ils étaient  21 % entre 1996 et 1998. Les conflits ont davantage porté sur les salaires et sur le temps de travail. Les arrêts de travail (grèves et débrayages) demeurent un mode d’action collective fréquent mais d’autres formes, comme le refus d’heures supplémentaires et la pétition, ont davantage progressé. Les conflits individuels sont aussi plus nombreux, de même que les établissements où surviennent à la fois des actions collectives de salariés et des conflits individuels.
    La part des établissements connaissant des conflits a augmenté dans tous les secteurs d’activité. Cependant, les conflits collectifs vont de pair avec des relations sociales institutionnalisées. Ainsi, ils sont plus nombreux dans les grands établissements où pratique de la négociation collective et implantation syndicale sont plus fortes, notamment dans l’industrie, les transports et les activités financières.
  •  "Présence syndicale : des implantations en croissance, une confiance des salariés qui ne débouche pas sur des adhésions", Premières synthèses-Informations, DARES, avril 2007
    "Au cours des quinze dernières années, la présence syndicale dans les établissements de 20 salariés et plus s’est accrue et diversifiée. L’intensification de la négociation en entreprise, à l’occasion notamment de la réduction du temps du travail, a favorisé la mise en place d’institutions représentatives des salariés, en particulier la désignation de délégués syndicaux. Les pratiques et les modes d’engagement des représentants du personnel apparaissent plus diversifiés pour ceux qui sont syndiqués. Bien que les syndicats soient de plus en plus implantés dans les entreprises, les salariés ne sont pas davantage syndiqués, et ce, malgré l’opinion souvent positive qu’ils portent sur les organisations syndicales." Cet article propose d'expliquer ce paradoxe.
  • "Le paradoxe du syndicalisme français : un faible nombre d'adhérents, mais des syndicats bien implantés", Premières synthèses-Informations, DARES, avril 2008
    "Depuis une quinzaine d’années, la part des salariés syndiqués tend à se stabiliser autour de 8 %. Malgré la faiblesse du nombre de leurs adhérents, les organisations syndicales sont assez largement présentes sur les lieux de travail. Leur présence s’est même renforcée entre 1996 et 2005. Plus de 40 % des salariés déclarent en 2005 qu’un syndicat est présent sur leur lieu de travail, plus de la moitié dans leur entreprise ou leur administration. L’implantation syndicale est comparable dans le secteur public et dans les grands établissements du secteur privé. Les syndicats sont en revanche plus rarement présents dans les petits établissements du secteur privé : dans ce secteur, seulement 15 % des salariés des établissements de moins de 100 salariés en disposent, contre 70 % dans les établissements de plus de 100 salariés.
    Que des syndicats soient présents ou non sur leur lieu de travail, les salariés du secteur public ont davantage tendance à se syndiquer que ceux du privé. Les organisations syndicales recrutent une grande partie de leurs adhérents parmi les cadres et professions intermédiaires du public, ainsi que parmi les ouvriers du privé. Dans le public comme dans le privé, les cadres forment désormais la catégorie la plus syndiquée."
  • Alexandre Carlier, "Mesurer les grèves dans les entreprises : des données administratives aux données d'enquêtes", Document d'études, Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, août 2008, n° 139
    Jusqu’en 2005, les statistiques produites par la DARES sur les grèves étaient établies à partir des signalements effectués par l’inspection du travail. La comparaison de ces données administratives avec deux enquêtes récentes confirme que le nombre de grèves et le nombre de journées individuelles non travaillées (JINT) résultant de ces conflits sont largement sous-évalués par la filière administrative. Cette sous-évaluation est toutefois moins prononcée pour les transports que dans les autres secteurs relevant du contrôle de l’inspection de droit commun (secteurs marchands hors transports et agriculture). Dans le ressort de l’inspection de droit commun, trois quarts des JINT ne sont pas recensés en 2004 contre la moitié en 1992. Cette détérioration de la qualité des remontées administratives au cours de la dernière décennie est notamment liée aux difficultés croissantes du repérage des grèves par l’inspection, avec le recours plus fréquent aux débrayages. À compter de l’année 2005, les statistiques relatives aux grèves sont produites par la DARES à partir de l’enquête "Négociation et représentation des salariés", et non plus à partir des données administratives.

 Rapports

  • "La négociation collective en 2007", Bilans et rapports, ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, 2008
    Ce rapport analyse les thèmes de négociation collective : la place toujours prépondérante des salaires, l’essor continu de la négociation sur les classifications et le développement de la négociation sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. En revanche, on assiste à une  baisse constante du nombre d’accords portant sur la durée et l’aménagement du temps de travail (RTT) et la progression constante de la négociation sur l’épargne salariale. Enfin, on note la poursuite du processus d'institutionnalisation des conflits avec l'organisation du dialogue sociale tripartite entre syndicats patronaux, syndicats de salariés et l'État pour les négociations interprofessionnelles et de branche.

Ouvrages

  • Alexis Tremoulinas, La sociologie des changements sociaux, coll. "Repères", La Découverte, 2005
    Pour consulter cet ouvrage en intégralité, il suffit de vous identifier sur NUMILOG (il faut créer un compte). Il fait le point sur une des notions centrales du programme de terminale : analyse du changement social par la sociologie (notamment Emile Durkheim et Max Weber), et les trois tendances récentes du changement social dans les pays occidentaux (changements du travail, recomposition des inégalités, changement de la structure sociale).

Revues, travaux 

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