Internationalisation des échanges et mondialisation


4. Spécificités socioculturelles et mondialisation

Où l'on s'interroge sur les relations entre les cultures que provoque la mondialisation des marchés, sur risques qui pèsent sur leur spécificité par la pression en faveur de l'homogénéisation des comportements, sur l'obligation du respect des habitudes sociales pour obtenir la collaboration des acteurs que sont les hommes au travail autant que les consommateurs, sur le rôle de l'Etat dans certains domaines où la culture se manifeste de manière plus spécifique.

4.1. Culture locale et mondialisation

Dossier réalisé par Alexandre Vodovar

Le débat actuel présente la mondialisation comme destructrice des cultures singulières au profit d'une culture globale et hégémonique imposée notamment par les Etats-Unis, ce que les média ont coutume d'appeler la culture "Mac world". Même s'il existe aujourd'hui des cas d' "ethnocide" culturel, on peut nuancer ce point de vue selon une double perspective.

  •     Une perspective historique d'abord qui montre que ce phénomène n'est pas nouveau et qu'il a suscité dans le passé des peurs identiques à celles d'aujourd'hui. On peut rappeler par exemple – à une autre échelle certes –  que la "républicanisation des esprits" par la Troisième république fut vécue en son temps comme une machine à détruire les identités régionales, au profit d'une culture nationale centralisée. Or La République des petites patries de François Chesnais montre que, justement, les "hussards noirs de la République" comme on appelait alors les instituteurs furent à l'origine de la conservation de ces patrimoines régionaux.

  •     Une perspective sociologique ensuite, avec notamment le concept d'acculturation. Ce dernier est introduit en 1936 par R. Redfield, R. Linton et M. Herkovitz et sera développé en France par R. Bastide et R. Balandier. Il souligne deux points qui sont fondamentaux pour comprendre l'évolution culturelle des sociétés face à la mondialisation. D'une part la culture n'est pas une essence que l'on tenterait de saisir à travers des observations empiriques mais une réalité historique en mouvement permanent. D'autre part ce concept montre que la domination culturelle n'implique pas une uniformisation mais est au contraire promesse de créativité ! L'article intitulé "Le candomblé au Brésil, ou l'Afrique réinventée" illustre le concept d'acculturation et montre que la légitimité de la revendication identitaire est basée sur une vision de la culture essentielle et non pas historique.


Aussi la mondialisation actuelle n'est pas plus destructrice des cultures singulière que la colonisation au XVIIIème siècle. Ce qu'il faut noter en revanche c'est que le phénomène d'acculturation a atteint aujourd'hui une dimension planétaire et qu'il touche des cultures restées jusque là "à l'abri" comme en témoigne le texte tiré de Pauvreté et richesse des nations de Landes. Ainsi l'évolution des cultures semble répondre à la règle physique énoncée par Lavoisier au XVIIIème siècle "rien ne se perd, rien ne crée, tout se transforme" !

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