Où l'on analyse comment l'agriculture pourrait se mettre au diapason de la marche généralisée vers un libre-échange accru. Où l'on rappelle que le protectionnisme domine toute l'histoire des marchés agricoles mondiaux, et que les effets d'une libéralisation sont encore difficiles à prévoir faute d'une expérience significative de véritable libre-échange agricole par le passé. Où l'on explique que les principales institutions internationales continuent d'oeuvrer pour plus de liberté dans les échanges mondiaux et dénoncent de manière constante l'intervention des Etats sur les marchés agricole, le protectionnisme agricole et les effets de distorsion dans les échanges qui en résultent. Où l'on constate que les résistances locales demeurent néanmoins très fortes dans ce contexte, et que le démantèlement des politiques protectionnistes est encore un lointain objectif.
Les revenus dégagés par l'agriculture sont soumis à une évolution structurelle à la baisse, en raison notamment des gains de productivité dégagés dans le secteur. Si l'Etat n'intervenait pas pour soutenir le revenu agricole, une diminution accélérée de la population agricole serait inévitable.
La perspective d'une telle évolution provoque de vives résistances. Celles-ci sont le fait bien sûr du monde agricole au premier chef, qui défend ses intérêts fondamentaux. Le poids politiques de la paysannerie française est très important. Il est lié notamment aux structures politiques en place en France, qui favorise une sur-représentation du monde rural aux sein des institutions. Les agriculteurs sont très présents dans la vie politique et peuvent y exercer une influence très importante.
Mais la présence importante des agriculteurs sur le territoire constitue un objectif d'intérêt général reconnu, qui s'inscrit toujours dans le cadre d'un soutien à l'activité agricole, en raison des externalités positives qu'il recouvre. En effet, la mise en valeur de l'espace rural, le développement rural sont aujourd'hui une nouvelle justification de l'intervention publique au profit du secteur agricole, selon des modalités renouvelées, pour être plus en phase avec les préoccupations sociétales actuelles relatives à l'environnement notamment.