Internationalisation des échanges et mondialisation


3. La globalisation financière

Où l'on montre que la globalisation financière a d'importants antécédents, particulièrement au XIX° siècle ; que, déjà, cela supposait le respect d'un certain nombre de règles pour que les coûts ne l'emportent pas sur les avantages et que, sans aucun doute, ce sont ces règles qu'il faut amender aujourd'hui pour conférer au système des relations internationales la stabilité qui lui manque.

3.2. Gains et contraintes de la globalisation financière

Dossier réalisé par Etienne Farvacque





La critique la plus souvent avancée à l'encontre de la globalisation financière est lié à l'occurrence des crises, et notamment lorsque celles-ci frappent des pays en développement ou émergents. Ce paragraphe revient sur cette critique et évalue les arguments mis en avant par les adversaires de la mondialisation.

Nous commençons ce paragraphe par un aperçu des gains, à travers ce que l'on a pu appeler le "consensus de Washington", ici présenté par Philippe Martin, Professeur à l'Université Paris 1. Comme le montre Martin, les gains ne vont pas sans risques induits, d'où la nécessité d'une une définition de ces risques, façon probablement scholastique d'envisager un phénomène, mais qui permet de montrer que la globalisation financière ne fait que révéler ou accentue des phénomènes déjà à l'œuvre dans les systèmes financiers domestiques. Cette définition de l'instabilité financière est due à Frederic Mishkin, de l'Université de Columbia.

Le document suivant est un extrait d'un texte récent de Maurice Obstfeld et Alan Taylor, qui montrent combien les questions qui se posent aujourd'hui auraient déjà pu l'être, au vocabulaire près probablement, à l'époque de la Renaissance ! Ce qui ne veut pas dire pour autant que la globalisation soit inoffensive, mais que la nature des problèmes soulevés n'est pas forcément très différente.

Ce document nous conduit donc à une autre question, qui est celle de l'évaluation des conséquences des crises financières. Nous faisons ici référence aux travaux de deux historiens de l'économie, Barry Eichengreen et Michael Bordo. Ces auteurs montrent, dans le document que nous citons, que les crises ne sont pas devenues plus "sévères" dans la dernière phase de globalisation, au contraire, mais que leurs conséquences peuvent en moyenne être plus longues à surmonter que lors des crises d'avant 1914. Autrement dit, en moyenne, un pays qui connaît une crise financière aujourd'hui voit son PIB diminuer moins qu'autrefois, mais mettra plus longtemps à revenir au niveau initial.

Si les crises financières sont consubstantielles du développement de la finance, qu'elle soit interne ou globalisée, il reste à prouver que le jeu puisse en valoir la chandelle : pourquoi en effet prendre le risque d'une crise si celle-ci est coûteuse ? Le dernier document répond à cette question en montrant le lien qui peut exister entre l'ouverture aux flux de capitaux extérieurs et l'élévation du niveau de vie, via l'accélération de la croissance économique. Cela étant, comme le montre également ce document, la libéralisation financière ne saurait être une panacée, les conditions préalables à sa mise en œuvre sont essentielles. Un pays souffrant de déséquilibres internes (inflation, …) doit d'abord équilibrer ses comptes internes avant d'espérer pouvoir tirer partie des avantages de l'ouverture financière.

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