Accumulation du capital, progrès technique et croissance


2.3. L'investissement dépend de la demande anticipée

 

Lorsque la demande s'accroît, l'entreprise doit ajuster ses capacités de production. Or, le stock de capital est un multiple de la valeur de la production. On appelle "coefficient de capital"le ratio du volume du capital au volume de la production. Tout accroissement de la demande se traduit donc par un accroissement plus que proportionnel du stock de capital nécessaire pour y répondre : c'est l'effet d'accélération, mis en lumière par Aftalion (1913) et J. M. Clark (1917). Le premier écrivait : "Quand des variations dans les quantités de biens de consommation commandent aux mouvements cycliques généraux, elles déterminent des oscillations bien plus amples dans la fabrication de l'outillage"

Si la demande de biens de consommation est instable, le volume du capital nécessaire pour y répondre est lui-même instable. Les dépenses d'investissement connaissent donc des fluctuations plus que proportionnelles par rapport aux dépenses de consommation.

Bien entendu, ce phénomène de l'accélérateur peut être réduit si les entreprises amortissent les fluctuations de la demande de biens de consommation, soit en puisant sur leurs stocks, soit en régulant la demande par des campagnes de publicité, soit en essayant d'inverser le cycle de la production, c'est-à-dire en n'essayant de ne produire que sur commande.

Il reste que le taux d'utilisation des capacités de production est un indicateur essentiel pour savoir s'il existe un moyen d'accroître la production en utilisant le stock de capital existant. C'est une des conditions de l'efficacité à court terme de la politique économique.

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