Où l'on compare les traditions françaises et allemandes de citoyenneté et de nationalité. Où l'on retrace les grandes étpes ayant conduit à l'émergence d'une singularité nationale. Où l'on met l'accent sur les dysfonctionnements du système d'emploi, la crise de la laïcité et la déstructuration des rapports sociaux.
Dossier réalisé par Gilles Ferréol
La crise de la laïcité
La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905 poursuivait un double objectif : émancipatoin par rapport à la puissance ecclésiastique, intégration dans une collectivité unifiée.
A plusieurs reprises, et notamment sous Vichy, ce modèle a suscité des oppositions plus ou moins vivres et s'est accompagné de divers "arrangements" : pratique des "retraites", présence d'aumoneries, conventionnement des établissements d'enseignement privé, exception lorraine ou alsacienne.
L'affaire du "foulard islamique" s'inscrit dans cette optique, la décision à l'automne 1989 du principal du collège Gabriel-Havez de Creil de ne plus accepter en classe trois jeunes villes portant le voile ayant entraîné des débats très passionnés.
Les difficultés socio-économiques
L'augmentation régulière de l'ancienneté moyenne au chômage apparaît préoccupante car elle implique une paupérisation accrue et une exclusion prolongée de la sphère productive. D'autre part, quels que soient les indicateurs utilisés, le sous-emploi atteint inégalement les différentes catégories de salariés et frappe en particulier la main-d'œuvre féminine, les jeunes et les actifs les plus âgés, sans oublier les immigrés.
Face à l'"imagerie de la peur" et à la "montée des intolérances", la mise en place de dispositifs de prévention se révèle délicate. Ainsi conclut Benjamin Stora : "Si, désormais, ne se constitue pas une dynamique d'intégration sur une base républicaine, le risque est celui d'une libanisation, d'une opposition entre les Français de souche et les autres. Au grand bonheur de ceux qui prêchent l'intégrisme communautaire" (in Pierre-André Taguieff, dir. (1991), Face au racisme, tome II : Analyses, hypothèses, perspectives, Paris, La Découverte, p. 222)
L'essoufflement des modes de régulation traditionnels
La montée des phénomènes de discrimination ou de ségrégation doit être replacée dans un contexte marqué par la crise de l'Etat-Providence et la déstructuration des rapports sociaux.
Si les sujets de discorde ne manquent pas (songeons à la participation aux scrutins municipaux, aux zones de transit et aux seuils de tolérance), il n'en demeure pas moins que l'intégration ne peut plus être conçue comme une voie moyenne entre assimilation et insertion, mais comme un processus de négociations et de redéfinitions, articulé à un système de normes et de principes communs (les différences ne devenant enrichissement que si elles vont de pair avec la promotion de valeurs universelles).