Accumulation du capital, progrès technique et croissance


2. Les déterminants réels de l'investissement

 

Où l'on s'interroge à nouveau sur la personnalité de l'entrepreneur qui, par l'investissement, transforme le monde selon sa vision. Où l'on montre qu'il est l'artisan du passage de l'invention à l'innovation, anticipant sur une demande qui n'a pas encore eu l'occasion de se formuler. Où l'on comprend pourquoi, à travers le principe d'accélération, les fluctuations de l'investissement amplifient les fluctuations de la demande.

2.1. L' investissement dépend des idées nouvelles des entrepreneurs


Le monde ne cesse d'être transformé par les idées nouvelles qui germent dans la tête des inventeurs et qui se réalisent grâce à l'initiative des entrepreneurs. Souvent, l'un et l'autre sont, au départ, une seule et même personne. Ils ne s'occupent pas de l'état d'une demande qui ne s'est pas encore manifestée et qu'ils contribuent d'ailleurs à créer. Par contre, ils estiment que le risque qu'ils prennent en proposant de nouveaux produits peut être assumé.

Les véritables idées nouvelles sont rares. Par contre, une fois la brèche ouverte, les concurrents se multiplient rapidement. D'ailleurs, le véritable inventeur peut être facilement dépassé s'il n'est pas aussi un gestionnaire avisé. Son succès même peut lui échapper s'il a besoin de financements externes pour se développer. A ce moment, le capitalisme financier l'emporte sur le capitalisme d'initiative.

Il est frappant de voir que la nature des problèmes a relativement peu évolué depuis la première révolution industrielle. Ou plutôt, il est frappant de constater que cette problématique générale se retrouve à diverses échéances. Au moins trois grandes périodes répondent à ces critères : la charnière des années 1850, quand l'on commence à passer du capitalisme individuel au capitalisme collectif, avec les analyses de K. Marx ; la charnière des années 1900, où les grandes innovations dans les domaines de l'électricité ou de la chimie se répandent et produisent un phénomène remarquable de concentration industrielle, qu'observe J. A. Schumpeter ; la charnière des années 1980, avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Demain, sans doute, les nanotechnologies et les biotechnologies obéiront à ce modèle. A chaque fois, point n'est besoin de stimuler l'investissement, il coule de source du fait même de la prolifération des idées ; il n'est limité que par l'abondance des capitaux qui acceptent le risque de la nouveauté.

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