Accumulation du capital, progrès technique et croissance


1. Points de repères sur l'accumulation du capital

Où l'on définit le capital et son accumulation, à la fois à travers les étapes de la pensée économique et les concepts de la comptabilité nationale. Où l'on montre sa variété, depuis le capital physique au capital humain, depuis les investissements dans les infrastructures jusqu'aux investissement immatériels. 

1.2. Mesurer le stock de capital et son accumulation

Mesurer l'accumulation brute du capital est relativement facile puisqu'il suffit d'agréger les statistiques d'investissement brut. Cependant, même à ce niveau, la difficulté commence dès qu'il s'agit de mesurer l'investissement net de consommation de capital fixe. Il est en effet difficile de disposer d'informations précises sur les rythmes de déclassement du capital, voire sur les mises au rebut des équipements. La comptabilité nationale de l'amortissement est fondée sur un certain nombre d'hypothèses concernant la durée de vie du capital selon sa nature (bâtiments, machines-outils, etc.) Si les pratiques des entreprises sont modifiées du fait, par exemple, d'un choc exogène (crise de 1973, choc technologique des années 1980, etc.), les données sur l'accumulation sont immédiatement sujettes à caution.

Prenons un exemple simple : on considère généralement que le choc pétrolier a donné le coup de grâce au programme d'avion supersonique Concorde. Dans ce cas, le stock de capital accumulé pour sa production prend tout à coup une valeur nulle. La statistique macro-économique n'en tient pas nécessairement compte ! Cet exemple peut se renouveler dans de nombreux secteurs gourmands en énergie. Dans un autre contexte, celui des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), les constructeurs d'automobile ont été obligés de renouveler radicalement les chaînes de production. Cette mise au rebut d'un stock de capital n'est pas non plus enregistrée par la comptabilité nationale, ce qui peut se traduire par une surévaluation de l'investissement net.

Quant à mesurer le stock de capital, c'est un travail encore plus complexe. Globalement, la mesure habituelle est celle de "l'inventaire perpétuel". Elle consiste à partir des séries d'investissement de très longue période desquelles on a enlevé les déclassements, selon les hypothèses usuelles d'amortissement linéaire. On se doute bien que la qualité des données diminue au fur et à mesure que l'on remonte dans le temps. Par ailleurs, il faut tenir compte de l'évolution des prix. Or, il est extrêmement difficile de constituer des séries de prix pour les machines-outils dans la mesure où leurs performances sont globalement incomparables à quelques années de distance.

C'est seulement une fois obtenues ces données que l'on peut calculer un taux d'accumulation qui rapporte l'investissement au stock de capital.

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