Où l'on s'interroge sur les bénéfices du libre-échange sur la croissance économique ; où l'on montre que, s'ils sont réels, les bénéfices ne sont ni immédiats, ni également partagés entre tous ; où l'on s'interroge sur les formes du protectionnisme selon qu'ils visent à pallier une difficulté transitoire ou qu'ils visent à un mode d'organisation des relations économiques internationales
Dossier réalisé par Etienne Farvacque
Dans un premier temps, il s'agit de répondre à la question fondamentale : comment le commerce international induit-il la croissance ? Nous mettrons ici l'accent sur les mécanismes traditionnellement mis en avant pour justifier l'ouverture au commerce international.
La démonstration initiale est généralement attribuée à l'économiste David Ricardo. Celui-ci, dans son ouvrage de 1821, a détaillé les gains que l'on pouvait attendre de l'ouverture. Pour l'essentiel, ces gains proviennent, dans la démonstration de Ricardo, d'une meilleure spécialisation des économies. Cette spécialisation va en effet permettre une meilleure allocation des ressources ou, au minimum, un meilleur emploi de celles-ci. Adam Smith avait ouvert la voie à Ricardo en montrant les gains mutuels de l'échange volontaire. Ricardo dynamisera en quelque sorte le résultat de Smith.
Nous verrons ensuite les liens plus récemment développés par la théorie économique. Comme on le verra, les promesses de l'ouverture aux échanges sont telles que désormais, la théorie du commerce international est étroitement liée à la théorie de la croissance. Dans la littérature économique, l'ouverture sur l'extérieur est désormais explicitement considérée comme un facteur de développement à long terme. Dans ce cadre théorique à la fois renouvelé et enrichi, la théorie ricardienne de l'échange international apparaît comme un élément explicatif parmi les autres, qui font intervenir, notamment, la politique gouvernementale ou l'investissement.
En contre-point, nous présentons la position alternative, fondée sur une critique des théories du commerce international. Cette vision contradictoire est importante, ne serait-ce que parce que elle nourrit un certain nombre des arguments des opposants à la libéralisation intégral des échanges internationaux.