Où l'on montre que l'activité économique est naturellement soumise à des fluctuations économiques ; où l'on s'interroge sur la confiance que l'on peut accorder aux mécanismes autorégulateurs ; où l'on évalue l'opportunité de la régulation des cycles pour faciliter la croissance de long terme ; où l'on analyse la manière dont la politique budgétaire peut y contribuer.
Dossier réalisé par Gérard Thoris
Les cycles économiques ont été progressivement mis en lumière à partir du milieu du XIX° siècle. A ce moment, les cycles liées aux fluctuations démographiques ou à l'abondance des récoltes commencent à céder le pas aux cycles proprement industriels. Il est intéressant de noter que, dès 1862, Clément Juglar insiste sur deux facteurs qui ne quitteront plus désormais la scène de l'analyse économique : les facteurs psychologiques d'une part, les facteurs financiers de l'autre.
Au-delà de l'origine des cycles s'est rapidement posée la question de savoir si leur enchaînement pouvait ou non se traduire en crise économique durable. Si la réponse de l'histoire a été plutôt négative, cela ne signifie pas que les termes du débat soient restés les mêmes. On notera en particulier que la question des mutations structurelles pour sortir des crises était, pour Marx, une des justifications fondamentales de l'instauration du communisme. De fait, la régulation de l'économie est aujourd'hui universelle et sa remise en cause porte plus souvent sur son degré et sur sa forme que sur son principe.
Pour autant, il n'est pas simple de savoir en quelle phase du cycle on se trouve. Comme le montre Dominique Ladiray, les outils d'analyse sont aujourd'hui variés et complexes. On observera seulement, dans le cas de la France, que "l'output gap" ou écart à la tendance du PIB permet de donner une bonne indication de la situation conjoncturelle.