Où l'on s'interroge sur la capacité des agriculteurs à faire face à aux contraintes d'un marché libre, sur lequel des fluctuations importantes risquent d'affecter leur revenu. Où l'on étudie les conditions dans lesquels les agriculteurs produisent, pour comprendre les difficultés qui sont les leurs. Où l'on explique pourquoi le principal facteur de production de l'agriculteur, la terre, n'est pas une marchandise comme les autres. Où l'on expose par ailleurs que les marchés agricoles ont des caractéristiques particulières, et que leur capacité à s'auto-équilibrer a notamment été mise en doute. Où se pose enfin la question de l'importance des terres encore disponibles pour être cultivées et venir accroître le volume de denrées agricoles produites.
Les liens qui unissent la terre au cultivateur sont d'une nature particulière. Ce sont des liens plus étroits que celui qui lie l'entrepreneur industriel avec le capital productif. La dépendance vis à vis de la terre est beaucoup plus forte pour l'homme en général, et pour le paysan en particulier. La soumission au marché de ce facteur essentiel à la vie de l'homme qu'est la terre pose alors un problème qui dépasse le simple cadre économique. Cet attachement d'une nature particulière de l'homme à la terre fait que celle-ci n'est pas une marchandise comme les autres.
La propriété de la terre comme premier facteur de production agricole est considérée par la théorie comme une condition à l'efficacité économique de l'activité agricole. La location des terres agricoles apparaît au contraire comme un système moins propre à favoriser la mise en valeur du capital de production qu'elles constituent.
La location des terres, dans le cadre du fermage notamment, est pourtant un système très répandu et qui a fait la preuve de son efficacité. Probablement parce que la stabilité sur les terres louées qui est donnée au paysan par le régime juridique du fermage est particulièrement forte, et confère un lien à la terre proche de la propriété. Par ailleurs, ce mode d'exploitation nécessite une moindre quantité de capital immobilisé et un investissement moins lourd, ce qui permet la croissance de la taille des exploitations et la mise en œuvre d'économies d'échelle.